03/06/2009"La couleur du ciel, le nom du Corcovado"
Non je n'oublierai jamais la baie de Rio
La couleur du ciel le nom du Corcovado
La rua Maduereira, la rue que tu habitais
Je n'oublierai pas pourtant je n'y suis jamais allé
Non je n'oublierai jamais ce jour de juillet
Où je t'ai connue et nous avons dû nous séparer
Pour si peu de temps et nous avons marché sous la pluie
Je parlais d'amour et toi tu parlais de ton pays
Non je n'oublierai pas la douceur de ton corps
Dans le taxi qui nous conduisait à l'aéroport
Tu t'es retournée pour me sourire avant de monter
dans une caravelle qui n'est jamais arrivé
Non je n'oublierai jamais le jour où j'ai lu
Ton nom mal écrit parmi tant d'autres noms inconnus
Sur la première page d'un journal brésilien
J'essayais de lire et je n'y comprenais rien...
23/04/2009"Il flotte quelque part un parfum de cytise"
Ça*, dans la tête depuis trois jours.
Oui, vous avez bien reconnu, il s'agit bien de ce à quoi vous pensez, transformé/massacré/revisité, selon les points de vue. Mais pour ce printemps qui commence, fenêtres ouvertes, café au soleil, manches courtes, regards vifs, cet air léger me va parfaitement.
* il suffit de cliquer.
19/04/2009"...C'est fou, je connais leurs chemins / Mieux que les lignes de ma main..."
16/03/2009"... je fais trembler les vieilles filles / je fais rêver les collégiens**..."
Au début, j'aimais bien l'idée, montrer ses tatouages, ses tétons percés et son corps massif pour la bonne cause, adossée à son mec et à l'anonymat d'un masque de catcheur mexicain. Mais lorsque Jean-Paul Cluzel a commencé à s'excuser dans les pages du Figaro, j'ai trouvé ça moins drôle. Et puis la suite est venue, inévitable semble-t-il dans cette période de redéfinition des codes de bonne conduite publique par la-droite-décomplexée. Aux journalistes de Yagg, il détaille longuement les raisons de son geste et insiste pour que l'article soit précédé d'une photographie de lui et de son compagnon. Parce que, je cite : "on ne parle que de ma photo dans le calendrier, que je ne renie pas, mais qui n'est pas l'essence de ce que je suis, de la relation avec mon compagnon."
Nous y voilà, donc, dans la droite ligne du coming-out de Karoutchi : je suis pédé mais je suis en couple. Et tout est dans le mais.
Cluzel (dont je dois avouer que je suis d'assez loin les prises de positions et les interviews) semble tout à fait sincère dans son engagement en faveur de la visibilité des gays. Pourtant, comme le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement (je reconnais, j'ai vérifié le titre, j'hésitais avec les anciens combattants), sa position entérine l'idée assez déplaisante que pour revendiquer une visibilité un pédé se doit d'arborer tous les attributs de la norme hétérosexuelle : socialement intégré, sentimentalement stable, "essentiellement" marié. Dès lors, d'ailleurs, pourquoi revendiquer davantage, le vrai mariage ou l'adoption, puisque tout est déjà là, dans le reflet lisse et fade du modèle dominant. Sur ces sujets de débat, d'ailleurs, Karoutchi n'a, je cite aussi, "aucun avis", indifférent à l'exigence de ces droits collectifs à proportion du droit à l'indifférence qu'il attend sans doute pour lui. Qu'avons nous* cependant à gagner dans cette indifférence ?
* je dis nous depuis que j'ai vu Harvey Milk, ça me passera sans doute.
** il suffit de cliquer sur l'image.
15/03/2009Voilà / je regarde les autres / pourtant / je ne leur trouve rien
Quitte à créer un groupe, autant en signaler l'existence. J'interromps donc brièvement la semaine de deuil officielle de la chanson française décrétée par des journalistes qui pleurent sur les soirées de leurs vingt ans passées à écouter Vertige de l'amour pour signaler un oubli réparé.
Il semble impossible qu'un site dédié à l'épanchement public de la psyché homosexuelle au début du XXIe siècle (Comment ? ce n'est pas l'intitulé officiel de GA ?) ne possède pas une section dédiée à la chanteuse de l'amour contrarié. Même quand il est là, à côté d'elle, tranquille et aimant, elle ne cesse de se poser des questions ("oui, mais bon, il ne parle pas, alors peut-être que, en fait, etc..."). Comme d'aucun l'ont dit mieux que moi : on est tous des Françoise Hardy.
*en cliquant sur Françoise, on peut l'entendre murmurer (quoi d'autre) une petite mélodie moins connue qui lui fait se demander s'il n'aurait pas mieux valu qu'elle garde la bouche à demi-ouverte pour garder son amoureux. Un truc assez hardi, en somme.
22/02/2009"...the fuzzy end of the lollipop"
Je me souvenais de presque tout : les mimiques de Jack Lemon en Daphné, le massacre de la saint Valentin, le tango d'Osmond Fielding (the third), les guêtres de Colombo et la géniale Joan Shawlee en Sweet Sue. Et sur grand écran, dans une salle hilare, c'est encore mieux (c'est le moment où je fais mon lauréat).
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Mais je ne me rappelais pas les trois minutes de tristesse lorsque Marilym chante "I'm through with love". Elle est assise sur le piano dans une de ces robes indécentes qui ne parviennent pas à cacher sa grossesse avancée. Tony Curtis la regarde murmurer qu'elle n'aimera plus jamais et que, désormais, elle dit "adieu to love". Puis elle baisse la tête et la poursuite lumineuse se referme sur ses cheveux trop blonds. La comédie revient presque aussitôt, dérangeante et amère : Curtis l'embrasse déguisé en femme et lui demande lui pardonner avant de s'enfuir à nouveau.

Le tournage du film est devenu légendaire. La Floride fut transportée en Californie pour permettre à Miss Monroe de n'être en retard que de 3 heures chaque jour à chaque scène. Certaines répliques aussi simples que "It's me, Sugar" ont nécessité des dizaines de prises et Judy Garland, recrutée en coach de luxe, essayait de convaincre Marilyn d'apprendre les paroles de ses chansons. Celle-ci s'en moque, après de nombreux échecs, elle est enfin enceinte et c'est tout ce qui compte. Tant pis s'il faut refaire près de trente fois la longue scène nocturne où Sugar Kane court comme elle peut, entravée par sa robe en lamée, enroulée dans une fourrure blanche et sautillant sur des talons pour rejoindre son faux milliardaire. Elle court éclairée par les projecteurs qui dessinent, en nuit américaine, les ombres des palmiers. elle court sur la pelouse de l'hôtel, sur la jetée. Elle recommence encore et encore et encore. La fin du tournage coïncidera avec une ultime fausse couche.
* en 1950, Rose Murphy ("the Chi-chi girl") enregistre "I wanna be loved by you" dans une version qui fera référence jusqu'aux pou-pou-pi-dou de 1959.
16/02/2009"...For you to take for all the boys to see..."Quelques jours d'inattention, le temps de surmonter ma défiance pour les salles de sports, de travailler un peu et de m'assoupir au soleil, face à la mer et je passe distraitement à côté de la mort de Blossom Dearie. A vrai dire, comme pour toutes ces chanteuses de Verve de la fin des années 50, je me suis surpris à la découvrir toujours en vie (ou plus exactement pas encore disparue). Je n'aime pas tellement son timbre de petite fille sage, qui se révèle pourtant si efficace dans les reprises en français. Et sa version de "Plous je t'emb'asse" qui traine dans la plupart des compilations avec "Café", "Paris", "Jazz" ou "Lounge" dans le titre vaut bien celle, indépassable, des Soeurs Etienne.
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Mais il faut reconnaitre, elle fait ça très bien, les standard de bars d'hôtel rafraichis par sa voix de demoiselle, son phrasé de pianiste et son air de ne pas y toucher. Alors pour commencer la semaine, à la place d'un "Give hime the Oh-La-La" plus be-bop ou d'un "The Surrey with the fringe on top" que je garde pour ma bande originale personnelle, ce sera un "Tea for two" faussement mièvre, plein d'un charme engourdi. 29/01/2009La voix humaine
Un peu tard (le temps de trouver une illustration pertinente) et comme promis, j'apporte la réponse à la question fondamentale posée par Benjamin Braddock (aka le pull-over bleu) :
Filmographie insensée donc, mais aussi l'une des rares actrice à pouvoir se targuer de posséder une voxographie. Non seulement la revue de presse de Droit de réponse, dont le tonitruant "à la semaine prochaine" m'enchantait enfant, mais aussi, bien sûr, Vera dans Scoubidou et sa façon péremptoire d'affirmer que le fantôme ne pouvait être que Monsieur Schmouts, le majordome que ne voulait pas que le motel soit vendu. 22/12/2008Plaisir d'offrir, etc.
J’exagère à peine : « T’es où là, t’es où… hein ? ouais, OK, non, bon, pour Marine, j’ai pris le DVD, d’accord… c’est bon, là, toi tu l’as pas pris ? Ok, bon… non, c’est bon, je prends rien d’autres, ça va… ouais, déjà que je fais un cadeau à sa punaise de sœur… ouais, OK… je te rappelle, là, je fais la queue pour les paquets… // pardon, Mademoiselle, vous pourriez le refaire s’il vous plait, non, mais d’accord, ce n’est pas votre métier, vous faites ça pour payer le voyage humanitaire de la patrouille des Castors, mais je suis désolée, je veux bien financer quinze jours d’échange spirituels et de solidarité universelle avec le Burkina Faso en échange de paquets qui ressemblent à quelque chose ! Et ne mégotez pas sur le bolduc, Mademoiselle, Dieu vous regarde !
plaisir de cliquer, joie d'écouter
… Tu vois, moi, pour le réveillon, je voudrais un truc qui soit genre classe mais trop chiant, genre tu mets le foie gras à table, y’ a du caviar, et puis le gens se démerdent, tu vois… // Nan, le pire, c’est pas le repas dans la famille de Guillaume, ça va encore, belle-mam’ est cool, ses frères sont sympas, ça va, c’est que le lendemain, y’ a une coutume locale : il est interdit de sortir de sa chambre avant que mon beau-père ne fasse retentir Petit Papa Noël… oui, la version de Tino Rossi, évidemment… résultat, l’année dernière, j’ai du pisser par la fenêtre, si, je t’assure ! // Bon, c’est quasiment bouclé, il me reste plus que le chat de ma grand-mère. Non, s’il te plait, pas de commentaires… // Les enfants, ça change tout. Tu vois, depuis que mon frère a eu sa petite, je trouve que Noël a de nouveau du sens… oui, évidemment, c’est pour eux qu’on fait ça… »
21/12/2008Plaisir d'offrir, joie de recevoir
Comme toujours, l'impeccable site PostSecret offre une bonne diversion en cette période où les guirlandes lumineuses décorent jusqu'à l'entrée des parkings souterrains, où des arbres en plastique doré encombrent le moindre trottoir et où les grandes surfaces engloutissent, plus encore que d'habitude, les grandes espérances de toute une société (c'est Noël, je suis emphatique si je veux).
C'est Noël, donc, en cliquant sur le sapin-ménora, on peut entendre Elvis dégouliner autour de la dinde farcie.
22/11/200808/11/200813/10/200805/10/2008Chain of fools (suite)
Pour répondre à l'injonction (péniblement) matinale du Lauréat, une liste aléatoire en réponse à 10 questions existentielles :
1. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ? = I enjoy being a girl (Doris Day)
2. Comment les autres vous voient ? = Paper Aeroplane (Angus & Julia Stone)
3. Quelle est l'histoire de votre vie ? = Tonight is the night (part. 1) (Betty Wright)
4. Quelle chanson pour votre enterrement ? = Road to somewhere (Goldfrapp)
5. Comment allez-vous de l'avant dans la vie ? = Hey there (Rosemary Clooney)
6. Comment être encore plus heureux ? = Comme un boomerang (Dani & Daho)
7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ? = A case of you (Diana Krall)
8. Pour décrire ce qui vous ravit ? = The fact is (I need U) (Jill Scott)
9. Votre boulot pour vous c'est... ? = A message to Mary (Everly Brothers)
10. Que devriez-vous dire à votre boss ? = Morceaux en forme de poire, mvt 3 : brutal (Satie)
11. Pour vous, l'amour c'est... ? = Smile at everyone (Minor Majority)
12. Pour vous, la sexualité ça doit être... ? = Parlez moi de lui (Nicole Croisille)
13. Bloguer pour vous c'est... ? = The sun is still sunny (Dean & Britta)
C'est aléatoire, ça ne veut rien dire et ça se passe, pour ma part, de commentaires (mais je ne pensais jamais associer les mots "sexualité" et "Nicole Croisille" dans la même phrase). Il y a malgré tout, dans la liste, une chanson qui me pique un peu les yeux.
Si vous (à savoir : Furt / Ned / Kosmo / Hgolithly) interrompez cette chaine, une crise financière sans précédent dévastera le monde, Nicolas Sarkozy sera président de la Réoublique et PPDA redeviendra présentateur du 20 h de TF1.
23/09/2008"Kennst du das Land wo die Zitronen blühn ? ..."
04/09/2008"Quelle beauté ! Quel mystère..."
25/07/2008Eté, roche d'air pur [...]
04/05/2008Michael Tolliver est mort
Dans son Autobiographie érotique, Bruce Benderson souligne à quel point que ce qu’il représente, ce qu’il est, presque malgré lui, -un homosexuel nord-américain de plus de cinquante ans- est devenu aujourd’hui une incongruité. Survivant du sida et des années de lutte pour les droits civiques, il ne se reconnaît plus dans une communauté homosexuelle qui cherche à tout prix à intégrer le modèle dominant qu’elle a si longtemps combattu.
Partant de la même situation, Armistead Maupin aboutit à une toute autre conclusion. Dans le vrai-faux dernier volume des Chroniques de San Francisco, son double de fiction ne cesse de s’interroger sur le sens que doit prendre l’arrivée de l’âge chez un gay séropositif, et la réponse qu’il donne à ce questionnement est finalement assez déprimante. Tout au long du livre, au fil de rebondissements poussifs (comme si l’abandon de la contrainte d’une écriture de feuilletoniste alourdissait l’imagination de l’auteur), Michael Tolliver s’efforce, avec une volonté de boy-scout, d’intégrer à tout prix une norme sociale qui lui semble désormais la seule garantie d’une vieillesse paisible.
Jusqu’alors, en prenant les chemins détournés de l’ironie camp, en diffractant dans des personnages excessifs et stéréotypés toutes les attitudes qu’il est possible d’adopter face aux enjeux politique d’une époque, Maupin arrivait à rendre légers les problèmes qu’il évoquait. Sa description douce-amère de l’échec des tentatives collectives pour vivre autrement sa liberté et ses désirs, le fracassement des utopies des années 70 sur la dureté glacée des années Reagan, hantées par le sida et l’obsession de la réussite individuelle constitue pour moi l’essentiel du charme de son œuvre. Or le dernier épisode est entièrement rythmé par les longs monologues de Tolliver/Maupin qui se félicite d’être à la fois, et dans le désordre, débarrassé d’une libido trop envahissante, toujours en vie, propriétaire de sa maison et marié.
L’insistance sur « mon mari » n’est pas sans évoquer une autre figure accablante de l’assagissement tardif. Tout ça pour ça, les péripéties innombrables, au grès des différents tomes, sur la vitalité du désir, la multiplicité des choix de vie, le refus du conformisme se dissolvent finalement dans le jacuzzi où Michael et Ben se prélassent, heureux, mariés, normaux.
Des inquiétudes sur l’âge, des angoisses du survivant en sursis, des questions que posent les revendications de l’égalité des droits, il est sûrement possible de faire autre chose que ce filet d’eau tiède. Du temps qui passe, il est au moins possible (en tout cas pour Joni Mitchell) de faire une chanson bouleversante où l’écho des rengaines de jeunesse (et pas des moindres puisqu’il s’agit d’Unchained melody) se fait entendre derrière les cris des enfants des amis qui vieillissent. Il suffit de cliquer sur l'image.
17/03/2008Post temporaire
Le groupe Cinq ans de droite, j'ai besoin d'amour est heureux de vous offrir ce pur moment de jubilation militante :
les résultats des municipales 2008
photographie prise au siège du parti socialiste, dimanche soir
25/02/2008Etait-ce à Londres, Rome ou Rennes ?
Dans la rue (ou ailleurs), des gens disent parfois des choses comme :
Une blonde avec une frange en biais et une combinaison avec des étoiles dorées dessus : - "C'est trop dommage, on vient juste de décrocher l'expo... Il y avait du graph, des vidéos, des objets... Tous les artistes s'exprimaient sur le même thème, c'était très riche, super créatif ! Ouais, c'est ça, c'était sur le thème du beignet... enfin, je veux dire, du donut."
Sur un ton presque angoissé, une quarantenaire en "fourrure sportswear", au téléphone, : -"Non, mais toi, par exemple, tu fais une sauce avec les moules ?"
Sur le trottoir, une brune jolie et énervée : -"et tu lui diras, hein, que sa copine, la blonde, là, c'est une grosse moche !"
-"Mais Rennes, c'est socialiste comme municipalité ?"
-"ben oui, regarde, y'a des vélibs"
Plus tard dans la soirée :
-"c'est quoi, déjà, le nom du bar ?"
-"la Bernique hurlante, c'est censé être en face du restaurant la Moule rieuse"
-"pas de doutes, ils savent s'amuser"
-"tiens, ils rallument les lumières. A minuit 45."
-"ah, ils arrêtent de servir à boire"
-"oh, ils mettent Bécassine c'est ma cousine très fort. Et ils chantent tous..."
-"OK, c'est l'heure de rentrer"
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