28/01/2010"[...] ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à vous manquer"
11/01/2010Coo, coo, ca-choo, Mrs Robinson ! (Jesus loves you more than you will know)
Une fois encore, la règle intangible et tacite (dite Théorème de Kenneth Starr ou Maxime du Parti Républicain ou Principe de Daniélou) qui veut que : "toute personne amenée à tenir en public des propos moralisateurs sur les comportements privés dans le but de consolider son image publique sera, dans un temps indéterminé mais souvent bref, prise dans un scandale sexuel de grande ampleur (et/ou comportant des détails sordides selon la variante de Hoover) a frappé.
La sémillante Mrs Robinson (ce seul patronyme est une source de blague intarissable. Absolument toutes les paroles de la chanson semblent avoir été écrites pour elle), femme (à l'heure de l'impression, NDLR) du premier ministre d'Irlande du Nord, connue pour ses positions réactionnaires (I quote : "There can be no viler act, apart from homosexuality and sodomy, than sexually abusing innocent children.") est contrainte à la démission après avoir reconnu une relation extra-conjugale avec un jeune restaurateur de 19 ans (illustration ci-jointe), Kirk McCambley.

Loin de nous (nous, ceux dont ignominie de la sexualité n'a d'égale que celle des violeurs d'enfants, je re-cite) l'idée de lui jeter la pierre. Il est roux, il s'appelle Kirk, il a 40 ans de moins qu'elle : pas de quoi défriser un mouton. Au contraire, Iris, s'il en est qui peuvent te comprendre mieux que ces buveurs de Guiness et d'eau bénite, c'est nous, ceux dont les actes de te font sentir : "totally repulsed". En revanche, Sweetie, jamais nous n'aurions fait l'erreur de convaincre des amis entrepreneurs d'investir dans le restaurant de notre jeune amant. Surtout en échange de notre influence de parlementaire. Non, ça, c'est "vile"...
évidemment, en cliquant, on la retrouve : "Sitting on a sofa on a Sunday afternoon / Going to the candidates debate", mais après un séjour en Italie, loin des médias qui salissent tout
05/01/2010Ruhleben-Pankow
La Spree est gelée et le Landwehrkanal, bien plus plausible en mausolée gris fer que sous le soleil d'août. "[...] palais neufs, échafaudages, blocs, Vieux faubourgs, [...]", c'est une ville à peine familière que je parcours différemment. L'Est si peu traversé la première fois, là arpenté sous la neige puis dans un froid moins vif mais bien morne : vitrines éteintes, magasins fermés pour célébrer les Weihnachtsfeiertage. La Volksbühne ressemble à un blockhaus, les touristes se rassemblent au pied de la Tour et piétinent la terre fraichement retournée du Palais de la république détruit.
Les rues ne sont pas décorées, les familles berlinoises accrochent des étoiles lumineuses en papier blanc aux fenêtres et restent chez elles mais les bars sont ouverts, remplis et chaleureux. La vapeur montent des Imbiss jusque tard dans la nuit. J'essaye de parler allemand mais cette langue m'échappe et lorsque les chansons de Schlager ne couvrent pas ma voix, les serveurs me répondent en anglais, ce qui le fait sourire à chaque fois.
Derrière les déclinaisons sur lesquelles j'hésite encore à chaque phrase défilent et se superposent la salle à manger de la famille Klopfer, où, terrifié, je n'avais pas d'autre choix que de parler allemand, les corrections mi-amicales et mi-moqueuses d'Y. et de C. ("falsch deutsch !"), les chansons de Nena vite remplacées par Kraftwerk (qui nécessitait un vocabulaire restreint), le sentiment assez vite perçu de devoir maîtriser un instrument de distinction sociale et de sélection scolaire bien plus qu'une langue, les voix de mes professeurs. Peut-être aurait-il fallu, comme ici, que cette grammaire se colore plus tôt de désir pour devenir plus facile. Mais ma tentative tardive de la maîtriser enfin se révèle finalement très amusante.
C'est encore un peu Noël, en cliquant, trois reprises pour le prix d'une. Auf deutsch, natürlich.
13/12/200901/12/200923/11/2009"...dans les bons et les mauvais jours, dans la santé et la maladie..."
Contrairement à ce que les médias et les sites communautaires ne cessent de me dire en ce moment,
cela ne m'intéresse pas de me marier si 1/5e des invités à la cérémonie sont malades.
14/11/200916/10/2009Le tampographe sardon
Sardon fait des dessins et des tampons encreurs (pour être exact, je cite : "je fabrique des tampons, je les vends et avec les sous je m'achète à boire."), la preuve :
La preuve aussi là : le tampographe sardon
15/10/2009Gelées aléatoires
Pour survivre aux premières "gelées matinales" de Joël Collado et en réponse à Mr The-, 10 titres aléatoires :
- Marianne Faithfull : Time Square
- The Smith : Death Of A Disco Dancer
- Billie Holiday : Love For Sale
- Jane Birkin : Di Doo Dah
- Beirut : Prenzlauerberg
- Barbara Carlotti : Peu Importe
- Juliette : les Lanciers Du Bengale
- Needcompany : Sad Song At An Open Fire
- Katerine : Numéros
- Bach/Leonhardt : Le clavier bien tempéré, prélude et fugue n°9
Un bonus pour encourager ceux qui doivent honorer un engagement :
The XX : Teardrops
12/10/2009En Lana Turner, sur un trapèze, à 10 mètres du sol
De toute façon, je confonds toujours Laurence Ferrari avec Flavie Flamant. Même blondeur d'attachée de presse, même regard pétillant, même goût pour la mise en scène de sa vie privée. C'est donc sans aucune surprise que je l'ai vu revêtir, en même temps que le blazer blanc désormais ségolénien de la saint-nitouche médiatique, le langage sans nuance de la majorité convaincue.
Dans sa voix, dans ses reprises brutales et ses injonctions de trancher en public pour savoir si "oui ou non" recourir à des prostitués était "regrettable", on entendait sonner le "nous" d'Eric Raoult affirmant que "Frédéric n’a pas la même sexualité que nous". Ce "nous" de la majorité et de TF1, des familles hétérosexuelles et des mamans inquiètes.
En face, F. Mitterrand (le regard dur, les mains croisées devant lui, les intonations : difficile de l'appeler autrement) tentant l'impossible : apporter un peu de nuances dans un journal télévisé et expliquer la marge à la normalité, et y parvenant. De la part de quelqu'un qui célébré les dix ans de (feus) ses cinémas Olympics en descendant des cintres de l'Olympia sur un trapèze déguisé en Lana Turner, ce n'est finalement pas si surprenant.
01/10/2009"...e lasciano in bocca il gusto del sale... "
D'accord, d'accord, c'est encore un peu l'été...
J'ai donc le droit d'écouter encore un peu de la variété italienne des années 60 (et vous aussi, il suffit de cliquer sur les Cinque Terre). 11/09/200916/08/2009"Al son del cuerpo / y el ritmo del mar"
Je n'ai pas de photos de cette soirée chez Lola, de cette terrasse d'où toute la ville semblait calme et tranquille et obscure aussi, sauf peut-être la tranchée luminescente de la Via Laietana, pas très loin et une ou deux silhouettes métalliques violemment éclairées, vers Diagonal Mar. Les conversations de catalan, de français et de mauvais anglais mêlées, les retrouvailles, les explications des vies qui s'entrecroisent -une maison dans le Cantal, presque une ruine et loin de tout, une piscine sur le toit dans le 13e, des enfants mais c'est long pour adopter, tout le réaménagement du passage de San Juan- et je m'assoupis.
Je n'ai pas de photos non plus de Gossip électrisant une salle entière et de Beth Ditto se débarrassant de sa robe au premier couplet, mais tout est là et là aussi (j'y ajoute mes excuses, M. Golightly et je vous embrasse). Je n'ai pas les plages, les vélos, les trajets nocturnes à compter les croisements des avenues (toujours une province espagnol vs une figure historique catalane) pour ne pas manquer les bars, un déjeuner à El Jardi. Les photos que j'ai prises ne montrent pas non plus le regard amusé qu'il porte sur l'excitation où me porte cette ville.
J'ai la Maison Battlo et le jeu infini des reflets sur les céramiques. 03/08/2009"le rouge pour naître à Barcelone"
03/06/2009"La couleur du ciel, le nom du Corcovado"
Non je n'oublierai jamais la baie de Rio
La couleur du ciel le nom du Corcovado
La rua Maduereira, la rue que tu habitais
Je n'oublierai pas pourtant je n'y suis jamais allé
Non je n'oublierai jamais ce jour de juillet
Où je t'ai connue et nous avons dû nous séparer
Pour si peu de temps et nous avons marché sous la pluie
Je parlais d'amour et toi tu parlais de ton pays
Non je n'oublierai pas la douceur de ton corps
Dans le taxi qui nous conduisait à l'aéroport
Tu t'es retournée pour me sourire avant de monter
dans une caravelle qui n'est jamais arrivé
Non je n'oublierai jamais le jour où j'ai lu
Ton nom mal écrit parmi tant d'autres noms inconnus
Sur la première page d'un journal brésilien
J'essayais de lire et je n'y comprenais rien...
23/04/2009"Il flotte quelque part un parfum de cytise"
Ça*, dans la tête depuis trois jours.
Oui, vous avez bien reconnu, il s'agit bien de ce à quoi vous pensez, transformé/massacré/revisité, selon les points de vue. Mais pour ce printemps qui commence, fenêtres ouvertes, café au soleil, manches courtes, regards vifs, cet air léger me va parfaitement.
* il suffit de cliquer.
19/04/2009"...C'est fou, je connais leurs chemins / Mieux que les lignes de ma main..."
16/03/2009"... je fais trembler les vieilles filles / je fais rêver les collégiens**..."
Au début, j'aimais bien l'idée, montrer ses tatouages, ses tétons percés et son corps massif pour la bonne cause, adossée à son mec et à l'anonymat d'un masque de catcheur mexicain. Mais lorsque Jean-Paul Cluzel a commencé à s'excuser dans les pages du Figaro, j'ai trouvé ça moins drôle. Et puis la suite est venue, inévitable semble-t-il dans cette période de redéfinition des codes de bonne conduite publique par la-droite-décomplexée. Aux journalistes de Yagg, il détaille longuement les raisons de son geste et insiste pour que l'article soit précédé d'une photographie de lui et de son compagnon. Parce que, je cite : "on ne parle que de ma photo dans le calendrier, que je ne renie pas, mais qui n'est pas l'essence de ce que je suis, de la relation avec mon compagnon."
Nous y voilà, donc, dans la droite ligne du coming-out de Karoutchi : je suis pédé mais je suis en couple. Et tout est dans le mais.
Cluzel (dont je dois avouer que je suis d'assez loin les prises de positions et les interviews) semble tout à fait sincère dans son engagement en faveur de la visibilité des gays. Pourtant, comme le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement (je reconnais, j'ai vérifié le titre, j'hésitais avec les anciens combattants), sa position entérine l'idée assez déplaisante que pour revendiquer une visibilité un pédé se doit d'arborer tous les attributs de la norme hétérosexuelle : socialement intégré, sentimentalement stable, "essentiellement" marié. Dès lors, d'ailleurs, pourquoi revendiquer davantage, le vrai mariage ou l'adoption, puisque tout est déjà là, dans le reflet lisse et fade du modèle dominant. Sur ces sujets de débat, d'ailleurs, Karoutchi n'a, je cite aussi, "aucun avis", indifférent à l'exigence de ces droits collectifs à proportion du droit à l'indifférence qu'il attend sans doute pour lui. Qu'avons nous* cependant à gagner dans cette indifférence ?
* je dis nous depuis que j'ai vu Harvey Milk, ça me passera sans doute.
** il suffit de cliquer sur l'image.
15/03/2009Voilà / je regarde les autres / pourtant / je ne leur trouve rien
Quitte à créer un groupe, autant en signaler l'existence. J'interromps donc brièvement la semaine de deuil officielle de la chanson française décrétée par des journalistes qui pleurent sur les soirées de leurs vingt ans passées à écouter Vertige de l'amour pour signaler un oubli réparé.
Il semble impossible qu'un site dédié à l'épanchement public de la psyché homosexuelle au début du XXIe siècle (Comment ? ce n'est pas l'intitulé officiel de GA ?) ne possède pas une section dédiée à la chanteuse de l'amour contrarié. Même quand il est là, à côté d'elle, tranquille et aimant, elle ne cesse de se poser des questions ("oui, mais bon, il ne parle pas, alors peut-être que, en fait, etc..."). Comme d'aucun l'ont dit mieux que moi : on est tous des Françoise Hardy.
*en cliquant sur Françoise, on peut l'entendre murmurer (quoi d'autre) une petite mélodie moins connue qui lui fait se demander s'il n'aurait pas mieux valu qu'elle garde la bouche à demi-ouverte pour garder son amoureux. Un truc assez hardi, en somme.
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