J'écoute : Timber Timbre
Je regarde : cet écran / par la fenêtre / au loin
Je lis : Annie Ernaux
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour dimanche 11 décembre 2011 à 23:20)

24/12/2011

21/12/2011

21/12/11 - 19:34

"J'ai des amis homosexuels"


Christine Boutin est trop gentille. Pour les fêtes, elle a adopté un "jeune écrivain homosexuel" et, naïvement, elle a placé sa confiance en lui. Même lorsque, nommé "conseiller pour la communication", il tente un extrem relooking. Rue 89, toujours prompt à la moquerie, explique ainsi que : "Il lui donne des conseils sur son image, critique ses tailleurs : « Je lui dis “habillez-vous comme Ségolène”, elle au moins est très classe. »"



Aucun doute ? Aucune puce à l'oreille ? Aucune suspicion de complot tramé sournoisement par une maçonnerie secrète de responsable-corner aux Gallaf et de FAP coalisés ? Heureux les pauvres en esprit.

PS : le fin mot est anthologique : « Il fait beaucoup rire Christine, et ça c'est très important. »

20/12/2011

20/12/11 - 21:55

"I don't want a lot for Christmas / There is just one thing I need"


Tout le travail est déjà fait, c'est vraiment pratique, l'esprit de Noël.



12/12/2011

12/12/11 - 23:35

"...Tell me baby, do you recognize me ?
Well It's been a year, it doesn't surprise me..."


Sans les brushings de la mort et les manches chauve-souris, sans les Wayfarers blanches, les nuques longues et les cols boules en angora (tribute to Anne S. épouse ? S.-K.), loin de Val d'Isère (Edina : "Who was Val D'Isere, Pats ?" Patsy : "Val, Val... Valérie D'Isère, Darling. French film star..."), de ses moniteurs de ski en jean neige et de ses chalets à poutre apparentes (et inversement), dépouillé de sa cohorte de garçons sensibles et de filles à pédés (Des pédés ? Où ça ?), ce monument de la chanson mondiale a quand même un peu de mal à passer la rampe (en pin massif).



C'est Miss Welch qui s'y colle. Après tout, elle est née deux ans après la première diffusion (sur MTV ?) de l'une des rares vidéo qui me donne envie d'accrocher des guirlandes.

Bon, ça aurait pu être pire (mais pas de vrai Noël sans Guy Lux) :



09/12/2011

09/12/11 - 20:33

Fighting Christmas Spirit


Puisqu'on m'y oblige, puisque les leçons de l'année dernière n'ont pas servi, puisque la crise n'empêche finalement rien, je me mets à la recherche des images qui témoignent du pire de noël. Merveille du progrès, je n'ai pas beaucoup à chercher :



Je crois que je suis moins effrayé par l’ambiguïté libidineuse de Mariah-all I want for Thanksgiving is another turkey- Carey à l'encontre d'un mineur sous roacutane que par la foule hystérique qui agite des paquets emballés, exacte préfiguration de ce qui a déjà commencé. Sur la place de la mairie de P., regroupés comme pour se protéger du vent, une quinzaine de chalets en aggloméré viennent d'être installés. Cette année, foin de bonnets péruvien en laine polaire made in China, la thématique se veut rigoureusement nord-européenne : vin chaud, pain d'épice en forme de renne (sérieux...), chapka en ragondin et chorales alsacienne. C'est le marché de noël d'Eric Besson.

31/08/2011

31/08/11 - 22:30

"if you want me I'll be in the bar"


C'est la rentrée, on n'est pas obligé de s'énerver à cause de Vanneste, nouveau Martin Horky.



En revanche, on peut lire June Thomas et regretter (on y reviendra) que les bars gays soient désormais sur la même liste que les cabines téléphoniques et les disquaires, celle des commerces en voie de disparition.

PS : arriver ici en ayant tapoté "Jean Marc Souami gay" dans Google, je peux le comprendre. mais "Jean-Marc Souami nu", là, désolé, il faut arrêter de croire tout ce que racontent les manuels de SVT.

26/08/2011

26/08/11 - 21:01

"Ici le rivage..."


Une crise ? Quelle crise ? Il suffit de rester concentré sur le thème de ces vacances : civilisations disparues et fromage de brebis. A chaque nouveau village-en-bord-de-mer je veux rester et louer, ou acheter une grande maison, tu vois, un truc très simple tout blanc pour venir un peu chaque été, non ? Si en plus la famille de Melina Mercouri possède encore une maison sur le port... oso ki an psazo, den vrisko allo limani...



Dans la patrie d'Homère et de Ritsos, les gens (dont moi) disent :

- "Ok, moi aussi, une grrreeeek salat"
- "... euh, tu sais, c'est un accent, c'est pas la prononciation officielle"

- "Ça dis quoi les pictogrammes, là, sous le nom de l’hôtel ?"
- "visiblement, c'est climatisé, il y a le wifi, la télé et... une perruque dans chaque chambre."
- "???"
- "Pardon, un sèche-cheveux. Super mal dessiné, ce sèche-cheveux..."

- "Non, mais sérieux, les Grecs anciens, là, ils y croyaient à ces histoires ?"
- "Pour résumer, d'après Vernant, qu'à moitié"

- "Là, à gauche, après le feu, c'est Mycènes, j'ai vu le panneau derrière le camion"
- "Bizarre, quand même cette phrase, non ?"
- "Pourquoi ?"
- "Camion, feu rouge, Mycènes : cherchez l'intrus"
- "Ok : sa main sur ses chevaux laissait flotter les rênes, ..."
- "C'est bon, on arrive !"

- "Alors, ils t'ont indiqué quelle route était la bonne ?"
- "Pas du tout. A la question "Do you speak english or french?", ils ont répondus "not at all" avec un très bon accent. Je crois que ça veut dire "fuck the tourists" en grec moderne"
- "On fait quoi, alors ? Ça fait deux heures qu'on est perdu dans ces montagnes. Et ego in Arcadia, d'accord, mais pas tout le séjour non plus !""
- "Comme j'ai répondu : "Strauss Kahn and the International Monetary Fund fuck your mother", je pense que tu peux démarrer. Vite."

23/06/2011

23/06/11 - 23:02

Madame de


C’est le pays qui m’a donné le jour pour moitié. Cuesta couverte de blés déjà jaunes, les vaches réfugiées sous les arbres, pommiers étayés et, presque partout, des éoliennes qui tournent lentement. La partie de ma famille qui vient de ce monde là -Maupassant comme en vrai, à peine remis au jour des pavillons périurbains, des fermes transformées en B&B et des ronds-points paysagés- m’a envoyé un faire-part et, contre toute attente, plutôt que de m’unir d’intention, me voilà à chercher ma route sur des départementales qui relient entre eux des patronymes proustiens.
Pendant deux jours, tous les gens que je croise sont des cousins. Certains proches, et aimés, bruns, beaux, les dents blanches et l’humour acide. D’autres éloignés, méconnus, sérieux et déjà beaucoup plus vieux que moi dans des vies de notaires et de pères de famille.
Comme annoncé par la particule affichée sur le programme, la messe est un grand moment : verdurinisation effrénée de ma tante, folie des chapeaux en fibre végétale, festival des tailleurs-pochettes-escarpins en shantoung pastel, maitresse de chœur formée aux scouts d'Europe débordante d'un enthousiasme épuisant, curé débonnaire et réac, Agnus Dei en latin. Assis à la place réservée depuis 1887 à Melle Picaud, comme l'atteste une plaque en cuivre polie que je n'arrive pas à desceller, je ricane avec ma voisine qui tente, en bustier de mousseline à 16 h de l'après-midi, des repérages pour la fin de soirée. Nous tombons d'accord sur un ancien chef scout maintenant responsable-produit dans une entreprise agro-alimentaire qui semble s'ennuyer ferme sous ses tâches de rousseur.



La suite fut conforme : vaste pelouse en pente douce vers une pièce d'eau, verrines (c'est la province, on a le droit), soleil doré, interminable photographie de groupe sur les marches, chute hilarante d'une invitée déguisée en Claude Pompidou et surtout ces bribes de conversations où se croisent de patientes tentatives pour démêler l'écheveau incertain des liens généalogiques ("donc si le père d'Yves est le frère de votre grand-mère, alors vous êtes... le fils du neveu de ma cousine !"), des résumés de vie saisissants ("j'ai divorcé, je suis partie, maintenant je vis entre Londres et Alençon"), des révélations inattendues ("la vache, le gars, là-bas, je crois que j'ai couché avec lui en prépa, c'est fou, qu'est-ce qu'il fait là ?"), des sentences définitives ("les gambas sont molles, ça doit être le climat"). Victimes des pratiques locales (un peu de calva en attendant le champagne), je m'éclipse un instant à la fin du repas le temps de me retrouver pris dans le faisceau de la lampe-torche du gardien qui surveille le parc. Une fois rafraichi, je finis la soirée en apothéose en expliquant à la mère de la mariée pourquoi, en 2011, il est indispensable de crocheter les doigts en éructant gaga-ro-ma-ma, incité en cela par le pire DJ à l'Ouest de La Touques. Ce fut un très beau mariage.

11/03/2011

11/03/11 - 09:15

"Ce fils de rien, ce tout et pire"


J'ai un peu honte, mais bon, ça me le fait comme dans la chanson (il faut cliquer sur Alejandro-I know that we are young- Arriola) presque à chaque fois. :



encore...

20/02/2011

20/02/11 - 19:44

"we learn dances, brand new dances, like the nuclear bomb"


Ok, Ok, j'écris moins... Black Swan c'est vraiment pas terrible. Caméra fixée sur la nuque pour montrer l'oppression, décors monochromes, moins d'un quart d'heure de danse filmée, Cassel caricatural et une relation mère-fille névrotique en guise d'explication, beaucoup moins bien d'ailleurs que dans Carrie. MAIS, il il y a une scène de nightclub. Et ça, j'avoue, c'est toujours un plaisir, même lorsque le filme m'ennuie (à vrai dire, même dans la moitié des épisodes de Sex & The City ou même la fin du clip de Hung up, je trouve ça bien. Alors du coup, je tente un début de liste, à compléter :



¤ We own the night. Musique assourdissante, stroboscope, Eva Mendes perdue dans les silhouettes qui dansent. Répit avant la violence finale.
¤ The 25th hour. Longue scène (presque un quart du film). Aller-retours entre la piste bleutée et le salon au dessus où les personnages règlent leurs comptes. Rosario Dawson et Anna Paquin tentent de faire diversion en dansant.
¤ ...

12/01/2011

12/01/11 - 22:57

L'intime, l'étranger et nous. Tous.


Une année qui commence, nouvelle, avec des interrogations et une colère déjà anciennes :



06/01/2011

06/01/11 - 22:20

Dear FutureMe




What do you want to tell your future self?

30/12/2010

30/12/10 - 22:02

Une année au soleil


Juste avant que ça ne se termine, un regard par dessus l'épaule. Même si l'idée d'un bêtisier personnel est tentante, je vais plutôt faire comme Madame Agnès et m'attarder sur les moments au soleil.



Pour la bande son, c'est la plus entêtante qui gagne.

28/12/2010

28/12/10 - 11:25

L'hiver, si je veux




24/12/2010

23/12/2010

23/12/10 - 22:23

Folles (ne surtout pas) s'abstenir


C'est l'esprit-de-noël, c'est n'importe quoi. Je rêve que j'anime une conférence en espagnol avec Judy Garland vieille, je mâchonne du giianduja dès potron-minet, je prononce des phrases insensée telle que "ça ira, il l'avait mis en deuxième ou troisième sur sa liste" / "non, tu as vu les attaches, elle n'est pas vraiment rustique. Elle a bien dit "une patère rustique pour l'entrée", ça n'ira pas" / "vous les emballez séparément, merci" / "ah non, les scouts merci bien, je préfère encore frisotter le bolduc moi-même". Pour donner une idée de l'ampleur de la dérive collective, à l'heure actuelle, Mr The- fait ses derniers cadeaux à la Fnuc de la ville de M. et trouve ça "cool". Au-delà du no comment.
Je suis donc allé voir Burlesque. En souvenir ému du show il y a quelques semaines de Mimi Le Meaux et Kitten of the Keys, je devrais expliquer ici à quel point l'usage du terme pour le titre de ce produit sans saveurs est abusif, mais bon, it's x-mas. It's X-tina aussi, hurlant de sa voix de poissarde à s'en exploser le Cadolle en swarovski. Sur l'histoire, le scénario, les chansons rien à dire, c'est comme prévu. La réussite de la soirée vient de la présence dans la salle d'un nombre suffisant de folles pour compenser à voix haute la faiblesse des dialogues.
Moi d'abord, accompagné, puis l'effectif presque complet de la promotion Léonard-Antier du CAP coéffure de Ballan-Miré, plus deux vétérantes du Yam's, le bar d'ambiance du coin de la rue Parmentier et quelques inconditionnels de Cher qui l'ont connue "avant" (les gros plans le confirment : ça du être moins long et moins compliqué de réaliser le Mont Rushmore).



Dès les premières images de la "jeune" (en raison du casting, le concept d'âge perd ici de sa capacité opératoire) Ally, une voix fait remarquer à sa voisine (je complète la composition de la salle : quantité proportionnelle de Fag Hag) : "ah non, la frange, là, grave erreur". Plus tard, lorsque la ""jeune"" innocente appelle Cher "Madam" pour la supplier de lui laisser une chance d'auditionner et qu'elle se fera rembarrer sèchement (enfin, articuler sèchement lorsque le collagène est fixé par le botox, c'est pas hyper façile) d'un "Ne m'appelle pas Madame !", la salle souligne judicieusement "ben, on va quand même pas l'appeler Maman". La scène où le vieux pédé-directeur-artistique évoque avec elle LA fois où il ont couché ensemble fait ensuite monter un murmure d'excitation envieuse dans les rangs. Mais surtout, lors de la tension finale de l'acte IV qui voit Aguilera exiger de Cher qu'elle "la ferme pour la laisser parler", une petite voix laisse échapper un "ouhla" terrifié qui en dit long.
Comme aurait écrit Pariscope si on n'avait pas été en province : "le spectacle était dans la salle".

23/12/10 - 19:25

Fucking Merry Christmas



17/12/2010

17/12/10 - 20:12

There's such a lot of world to see



16/12/2010

16/12/10 - 19:26

Produits fermiers


Sans doute le hasard, ou une conséquence indirecte de la période-des-fêtes et la litanies des publicités pour le chapon fermier ou un changement plus profond que je n'avais pas vu venir, aveuglé par les normes internationales en vigueur dans la communauté, toujours est-il que l'actualité nous incite récemment à reconsidérer les critères de la beauté masculine.
Sur presque toutes les ondes de la radio publique, Nicole Garcia (débit de mitraillette, voix de fumeuse, rire de folle), explique que Jean Dujardin est un modèle de masculinité, "protecteur et troublant" (appelle-moi papa). En même temps, les magazines se remplissent de portait de Gilles Lellouche, "acteur de l'année" dont la virilité sombre est censé nous émouvoir.



Sauf que les deux acteurs dégagent surtout la puissance érotique d'une tranche de terrine de campagne. Cheveux sombres et clairsemés, sourire rare et/ou en coin, pilosité mal maîtrisée et début de double menton : il faut la libido insatisfaite d'une rédactrice en chef de féminin destiné aux PCS+ de province pour envisager un début de croustille face à ces deux produits de charcuterie fermière. Seule la disparition des écrans d'Emmanuel Chain permet d'expliquer cet incompréhensible engouement. Et la réunion des deux talents dans les éprouvants Kleenex de Canet achève de les confondre. En ces temps de fois gras, on peut se tourner vers des choses plus légères.