J'écoute : "All of my trains" Robert Francis / "Tronomette" Jeanne Balibar
Je regarde : cet écran / par la fenêtre / au loin
Je lis : Annie Ernaux / Charles Juliet
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour samedi 6 mars 2010 à 23:26)

22/01/2005

22/01/05 - 15:46

tous ensemble, tous ensemble

La manifestation arrive à son terme, sur la place de la préfecture. Il tombe une pluie fine, il fait encore assez doux. Cela fait presque une heure que je marche cote à cote avec T., lui agitant le drapeau de son syndicat et moi reprenant en chœur les slogans lancés par les haut-parleurs de la camionnette qui guide le cortège. On est tous les deux un peu fatigués. Il propose de s’asseoir sur le rebord du grand bassin vide qui occupe le centre de la place. Sur le trajet, on a beaucoup parlé, un peu de tout : les raisons de cette grève, son travail, le mien, on s’est interrompu pour saluer des gens qu’on connaissait, on a hésité à s’arrêter prendre un café. L’atmosphère entre nous est amicale, légère, détendue. J’ai l’impression d’être le seul à garder le souvenir vif de nos rendez-vous de ces deux derniers mois. En essayant de prendre le ton le plus détaché possible, regardant vaguement autour de moi les manifestants désormais immobiles qui écoutent les discours rituels de fin de parcours, je lui demande où en sont ses amours avec ce garçon qui lui plait autant que moi je lui plaisait « mais qui est disponible, lui ». Tout va bien, me répond-il, il ne veut pas s’emballer, il attend de voir, il sourit. Puis il ajoute, après un court silence : « tu sais, on s’est peut-être manqués tous les deux : quand tu seras libre moi je serai sans doute avec lui. C’est dommage » et très vite « … enfin bon, c’est comme ça… ». Je regarde mes pieds posés sur l’enduit bleu ciel et craquelé du bassin vide. Derrière moi, la sono a repris la diffusion de chansons espagnoles censées donner une couleur alter-mondialiste à la manifestation. Je n’ai plus envie d’être là. Il me raccompagne jusqu’à ma voiture. Il fait nuit maintenant. Au moment de se quitter on s’embrasse, longtemps. « Bon je dois y aller. Je t’appelle, ou tu m’appelles ».

19/01/2005

19/01/05 - 12:12

Erotique de la grêve

Pleins de bonnes raisons de faire grêve demain : la défense des services publics, l'affirmation (elle aussi publique) du désaccord avec la politique d'un gouvernement de droite, l'occasion de crier des slogans inventifs qui devraient comme d'habitude faire rimer Raffarin avec rien (et Fillon avec ?) et l'occasion de revoir T. militant syndical engagé et amant quand il le veut bien.

16/01/2005

16/01/05 - 18:27

Equation

dimanche + mois de janvier + ciel "bas-et-lourd" + fin d'après-midi + demain c'est lundi et j'ai pas envie d'y aller + "bon, il avait bien dit qu'il ne rappellerai pas mais la dernière fois il avait rappelé donc là pourquoi il le fait pas" + il ne reste plus qu'un épisode de 6 feet à regarder sur le DVD + j'ai la flemme de lire + dans le frigo, il y'a de l'écho = le moral d'une majorette sous ecxta.

15/01/2005

15/01/05 - 00:14

Fin du début

La nuit est claire, je vois les lumières de la grue très loin. Je consulte une dernière fois ma messagerie. Pour rien. Allez, au lit.

15/01/05 - 00:02

Début de la fin ?

T. ne m'a pas attendu. Enfin, il n'a pas attendu de savoir si je changerai ma vie pour lui. "On reste ami, je tiens à toi". Bien sûr... L'année commence donc sans lui, sa barbe dure et sa peau douce, ses enthousiasmes démesurés pour les chansons françaises de l'entre-deux-guerre (un débat entre nous...), sa façon de se laver les cheveux en frottant très fort et sans sa voix quand il dit tout bas "viens" puis mon prénom aussi.

14/01/2005

14/01/05 - 23:57

Are we on air ? / On est à l'antenne, là ?

D'accord : une nouvelle année, un brouillard de lande écossaise, la nuit dès six heure du soir : je commence ce journal.