J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

27/02/2005

27/02/05 - 18:50

Les dossiers de l'écran

A. a deux qualités qui en font un ami précieux : un vrai talent pour la cuisine italienne et une capacité impressionnante à lancer des débats improbables à des heures tardives.
Mardi dernier donc, après un risotto mémorable et plusieurs verres de trop, affalés avec trois autres amis dans son canapé informe, nous essayons de trouver la motivation nécessaire pour affronter le froid et rentrer chez nous quand A. revient de la cuisine portant un plateau avec des tasses de thé. Au lieu de demander "on fait le break?" en hommage à un grand moment de la culture populaire des années 80 (lipton yellow pour les plus jeunes), il annonce, l'air très sérieux : "finalement, moi, y'en a deux qui auront vraiment compté". F. et T. soulèvent une paupière dubitative et tentent de sortir de leur coma digestif pour comprendre qui est le deuxième. Le premier, on voit tous très bien : C. "grand amour A.O.C" de A., à l'origine de longues conversations téléphoniques dignes de Macha Béranger, de déclarations définitives, de résolutions inattaquables et finalement quitté il y a deux ans (cette rupture étant désormais désignée sous l'appelation officielle de "la meilleure décision de ma vie d'adulte et d'ailleur la première en fait"). Pour le deuxième "qui a compté", on hésite sans le dire : serait-ce le petit serveur avec qui il entretient une relation épisodique, récente et - selon nous, ses amis qui le connaissons si bien et qui ne voulons que son bien, évidemment- peu convaincante (et que l'on a supplié A. de ne pas inviter ce soir pour pouvoir parler sérieusement entre grandes personnes de la constitution européenne et de la rupture Brad-Jennifer)?
Quoiqu'il en soit, chacun médite dans son coin en buvant son thé quand A. enchaine : "et vous, quels sont les mecs qui ont vraiment comptés dans votre vie jusque là ?"
T., plutôt réveillé, corrige aussitôt : "bon, moi je préfère dire "garçon" et pas "mec". mais il enchaîne en bredouillant "et... euh... je sais pas, en fait...".(T;, grand ingénieur bien comme il faut, réservé, droit, un peu compliqué, infiniment tendre et patient).
F., lui, s'en tire comme toujours en répondant que celui qui comptera dans sa vie "est encore à venir" (F. : 1m72 de pétillement latin, toujours entre deux histoires en attendant la vraie).
Personnellement, je plonge dans mon earl grey en évitant de répondre, prétextant l'heure tardive...
Plus tard, après une marche rapide dans le froid pour rentrer chez moi je me demande si, finalement, ils n'ont pas tous compté. P., le premier, rencontré si tard, mais doux, paisible et attentif; S., qui réchauffe encore souvent mes nuits froides et m'envoie toujours un signe quand je ne m'y attend pas; T., vite rencontré et aussi vite parti, avant même que je comprenne ce qui m'arrivait. Et les autres, parfois sans prénoms, qui m'ont donné de l'assurance et du courage en même temps que du plaisir. Et ceux qui n'ont pas voulu de moi. Et tous ceux que j'ai fixé des soirées entières dans des bars ou dans des clubs, avec de la musique trop forte et des conversations de comptoir, sans qu'ils me remarquent et sans même qu'ils me voient. Tout compte, peut-être.

27/02/05 - 18:27

A Nantes

Week-end à Nantes (bastard mix : "en bagnole de fortune / variet'mélo / à la radio" + "il pleut sur Nantes / donne moi la main"), l'occasion, entre autres choses, de revoir G., ses yeux bleus, ses épaules de déménageurs (breton...) et ses projets professionnels toujours étonnants (la dernière fois aide-soigant à domicile le jour et chanteur le soir, désormais Go-go mais peut-être aussi masseur rekki [???]).
Jolie soirée au 203, bonne musique, garçons gentils et conversation décousue.