30/04/2005Le temps qu'il fait
"Il fait beau à n'y pas croire
il fait beau comme jamais
quel temps quel temps sans mémoire
[...]
il fait beau comme jamais
c'est un temps contre nature
comme le ciel des peintures
comme l'oubli des tortures
il fait beau comme jamais
Frais comme l'eau sous la rame
un temps fort comme une femme
un temps à damner son âme
il fait beau comme jamais
un temps à rire et courir
un temps à ne pas mourir
un temps à craindre le pire
il fait beau comme jamais."
28/04/2005Encore une ou deux longueurs
Les 10 premières longueurs sont toujours difficiles. J'ai froid, j'ai pas envie, c'est long, je suis lent, je veux être ailleurs, je pense trop, ça ne sert à rien, mes lunettes prennent l'eau, il y a trop de monde et pas les gens que je voudrais, j'ai le nez bouché, je n'avance pas, je suis seul, mon maillot me gratte, mes bras ne font mal.
Entre la 10e et le 15e (je compte minutieusement) tout s'apaise; je repire mieux, je prends mon temps, mes épaules s'assouplissent, l'eau glisse autour de moi.
Après la 30e je ne pense plus et je ne m'en rends pas compte, je souffle, je plie les bras puis les jambes, j'inspire, je sors la tête hors de l'eau, je me dissous. Perplexe| NOTE: z | | No smoking around 1constant. Thankyou for your co-operation. |
From Go-Quiz.com
comment dois-je le prendre ? Bon conseil
Suite aux commentaires précédents (merci Mr Th-), les Calamités sont proclamées redécouvertes de la semaine.
(ce blog est en train de virer radio-crochet, entre Le petit conservatoire et un Fan de spécial 80'... : reprise en main rapide souhaitée)
27/04/2005Pour Patricia (3)C'est le milieu de l'été et la fin du siècle. Un samedi d'août 1999 ma copine Sophie se marie. Ma "copine", vraiment. Presque "ma vieille copine", avec fous rires et tapes sur l'épaule. Elle a réussi à réunir dans ce hameau des Alpes de Haute-Provence des parisiens effrayés de traverser le périphérique (et encore un peu vaseux suite à leur vaccination contre la fièvre jaune, on ne sait jamais), des bretons angoissés par le paysage d'herbe sèche et le bruit des cigales, deux canadiens membres d'un groupe de rock alternatif, chargés de massacrer une suite de Bach au violoncelle lors de la cérémonie dans l'église (ce qu'il feront avec une grande conscience professionnelle), une partie de sa famille (l'autre ne parlant plus à la partie présente), sa soeur à l'humour corrosif (Daria en plus adulte ou Miranda Hobbes en moins rousse) et une poignée d'anciens amis du collège et du Lycée, dont moi.
En 6e, à l'âge où l'on renierait sa famille pour s'intégrer à un groupe, elle me montre que l'on peut se moquer parfois du regard des autres (j'ai mis du temps à la croire). En 4e, elle me convainc de lire Calvino. L'année suivante, elle sort avec le frère de sa correspondante allemande, géant blond d'au moins 18 ans et, encore plus fort, le largue avant même la fin de notre séjour linguistique en Bavière (à cet âge, boire des Bier-cola dans des biergarten me semble le comble de l'indépendance). Je suis muet d'admiration. En terminale, tous les lundi matins, pendant l'heure d'anglais, elle me raconte comment elle fait le mur le samedi soir pour retrouver son amoureux et passer la nuit avec lui. Puis elle part continuer ses études dans une autre ville. Elle écrit peu, on s'appelle rarement. Un jour elle m'annonce qu'elle a rencontré le bon garçon, celui avec qui c'est pour de vrai. Elle me présente Thomas : brun, sérieux, brillant, pas très drôle.
Le jour du mariage il fait très chaud. Au maire, dans la minuscule salle des actes, Sophie répond "Bien sûr !", je suis son témoin. Plus tard dans la soirée, nous buvons un peu trop sous les guirlandes lumineuses de bal de 14 juillet accrochées dans les platanes. Je suis chargé de mettre la musique pour que l'on commence à danser (le village est trop loin, même les pires DJ ambulants n'ont pas voulu se déplacer). J'ai déjà prévu quelques titres incontournables : Brother Louis, en hommage à nos boums, Losing my religion pour le voyage à Rome en 1991, Papa don't preach pour sa période adolescente.
Et Patricia Carli. Pour PatriciaJe ne suis pas entiérement responsable de ce message (http://...) et je ne suis pas un partisan acharné du mauvais gout érigé en art de vivre, mais là, Mr Dolphito a raison.
Il suffit de lire les paroles, d'écouter l'inteprétation passionnée (et fausse, un peu quand même) de Patricia, de voir le scopitone improbable (Patricia sur une plage, la nuit, harcelée par les mains entreprenantes de celui qui demain, donc se marie) pour tomber sous le charme de cette chanson absurde.
Le reste de la discographie est navrant.
26/04/2005So 80'
La meilleure adaptation cinématographique de l’œuvre de Bret Easton Ellis n’est pas une adaptation. Ni Neige sur Beverly Hills (étrange titre français pour le film de Marek Kanievska en 1988 avec -prémonitoire- Robert Downey Jr d’après Less than zero), ni Les lois de l’attraction de Roger Avary, qui permet surtout à une génération de jeunes acteurs de montrer qu’ils peuvent eux aussi être vaguement sulfureux (tout en restant bien coiffé, Jamie Van Der Beek en tête) et qui offre encore à Faye Dunaway un de ses rôle de bourgeoise défaite qu’elle affectionne désormais (cf. The Yard), ni surtout American Psycho (malgré un casting excitant) qui ne parvient pas à montrer l’essentiel du roman, à savoir que Patrick Bateman est un tueur parfois déguisé en yuppie et non l’inverse.
Non, l’atmosphère désespérément vide de la grande bourgeoisie américaine, saturée d’argent et de drogue, vitrifiée par l’ennui et le vide de son existence, on la retrouve exactement dépeinte dans American Gigolo.
Dès 1980, Paul Schrader montre tout cela. Sur fond de Giorgio Moroder, Julian Kaye/ Richard Gere fait des abdos suspendus par les pieds puis il roule vers Palm Spring dans sa décapotable rouge pour baiser des couples de riches californiens revenus de tout. Les murs des villas sont vitrés et les intérieurs sont glaciaux, Lauren Hutton (casting génial : modèle et héritière, cover girl inexpressive et symbole américain, elle joue une française riche et perdue) veut croire en l’amour, Debbie Harry chante « Call me ! » et le désert semble froid sous la lune.
5 ans avant la première édition de Less than zero, ce film dévoile les gouffres de la société américaine. Il résume déjà les années 80. Elles n’ont pas commencé.
Test
Bon, OK.
Ceci dit, ce garçon a une heureuse nature de cheveux. 25/04/200524/04/2005MétéoEvelyne Dhéliat nous l'avait promis : pointant des endroits opposés sur la carte avec deux doigts en même temps (souplesse et professionalisme), elle nous assurait mardi dernieravec un sourire excessif que la fin de semaine et le week-end serait beau.

Pourtant, sur Paris, le temps fut changeant. Incertain et partagé jeudi, plus couvert par la suite avec de vrais moments de très beau temps (samedi après-midi, le soleil éclairait les marronniers en fleur du jardin du Luxembourg et la soirée fut douce jusque tard dans la nuit).
Il est vrai que la météorologie est une science incertaine. Comment prévoir exactement la couleur du ciel, la forme des nuages, la lumière sur la ville, l'endroit où tombe la foudre (et si seulement elle tombe), le sens du vent ?
Mais ce fut malgré cela un beau week-end et ce soir, près de la gare Montparnasse, si la pluie fine qui tombait piquait un peu les yeux, il faisait finalement très doux et dans l'air flottait comme la promesse d'une amitié.
17/04/2005Interprétations
Photo extraordinaire (posée ? instantanée ?).
Encore DiCorcia. Interprétations infinies.
Me réjouit, particulièrement, le céleri... 15/04/2005Le temple d'Assendeft
Ce tableau de Pieter Jans Saenredam illustrait le chapitre sur Phèdre dans mon livre de français, en première. Je le retrouve au détour d'une recherche sur internet. Pourquoi ce temple protestant presque vide et lumineux sur des vers tragique ? Mais ce tableau me parait toujours aussi apaisant.
14/04/2005Cinéma / Di Corcia
Là encore. Cinéma
Philip-Lorca di Corcia
Il se passe quoi dans cette image ? Elle n'est pas extraite d'un film. Elle est pourtant entiérement cinématographique.
Association d'idées (Merci Mr The-)
"A long, long time ago...
I can still remember
How that music used to make me smile.
And I knew if I had my chance
That I could make those people dance
And, maybe, they’d be happy for a while.
So bye-bye, miss american pie.
Drove my chevy to the levee,
But the levee was dry.
And them good old boys were drinkin’ whiskey and rye
Singin’, "this’ll be the day that I die.
"this’ll be the day that I die." 12/04/2005Madeleine aux figuesPeut-on tout avouer ?
En l'occurence, un goût jamais démenti pour les figolus. Gateaux un peu frustes, toujours rangés dans les rayons du bas des supermarchés, à peu près inservables en société ("vous reprendrez bien un figolu avec une tasse de Marco Polo ?"). Ce sont des gateaux de sorties scolaires, glissés dans le sac par une main maternelle prévoyante, des gateaux de voyage linguistique en Allemagne et en car (ou en Angleterre et par le ferry), des gateaux de jours de révisions des concours et de lendemain de fête étudiante, de fringale après le premier joint ou de première nuit à deux, passée sans dormir. 11/04/2005Une autre vie, la suite
Toum, toudoum, toudoumdoum doum doum
Toum, toudoum, toudoumdoum doum doum
My world is empty without you-ouh babe
My world is empty without you-ouh babe
And as I go my way alone
I find it hard for me to carry on
I need your strenght
I need your tender touch
I need the love, my dear
I miss so much"
Un idéal de vie, vraiment...
(mais il faut choisir : Mary Wilson, Florence Ballard ou Dirty Diana ?)
PS : ce morceau sonne un peu comme Paint it black, non ? Avis éclairés requis.
10/04/2005Une autre vie
j'aurais adoré être choriste dans un groupe de filles noires, en Amériques dans les années 60. (OK, c'est facile à dire : noire, fille, amérique, année 60 : le contexte est dur, les tensions raciales violentes, les conditions difficiles et Phil Spector a les mains baladeuses dans les studios d'enregistrement)
Mais faire Dooo, dooo, dooo waaaap en claquant des doigt, tout sourire en cadence avec les copines... 09/04/2005L'aquarium de Limoges (2)
Et si cet endroit était fascinant ? 08/04/2005L'aquarium de LimogesComme le titre d'un roman de Claude Simon. Le panneau qui annonce l'encroit me fascine. C'est pourtant là, le plus loin de la mer, qu'il est le plus logique d'installer un aquarium. Mais cette ville se prête si peu au chatoiement des poissons exotiques.
C'est une ville que je connais mal. Elle me semble toujours exister au milieu de nulle part. Il faut un temps infini pour y arriver. Et je suis toujours surpris de découvrir une ville de granit au milieu de la campagne (la géomorphologie est une science qui m'aura toujours résisté. C'est pourtant vraiment une science poétique. voir Michel Chaillou). C'est une ville très "province française" (la mairie, le lycée, la place de la préfécture, le rond point de la gare, le parc public et les jardins de l'évêché). C'est pourtant peut-être un des endroits de France qui permet de comprendre un peu ce que nous montre si souvent le cinéma américain : le milieu de rien.
06/04/2005"Rome qui t'a vu naître..."Les journalistes nous apprennent que les files d'attente pour espérer entrevoir quelques secondes la dépouille embaumée (par un papidermiste ?) du saint Père serpentent dans la Ville sur plusieurs kilomètres. Il faut environ 15h pour atteindre la basilique. Les carabinieri envoient des textos pour signaler ce délai et rappeler aux touristes-admirateurs qu'il faut se munir de couvertures car les nuits sont fraîche, encore, à cette saison. La croix-rouge italienne en fournit aux imprévoyants. Mais les fidèles sont trop nombreux, alors il dorment les uns contre les autres, là, sur les trottoirs, ils prient, ils chantent des cantiques.
Peut-on imaginer qu'à l'occasion de cet événement, dans la foule cosmopolite et un peu fébrile, vers les 3 ou 4 h du matin, au creux de la nuit romaine, alors que les chants se murmurent à voix basse, des rapprochements se fassent ? Oh, juste pour se réchauffer en attendant le matin. Et peut-être même que, parmi ceux venus rendre hommage à ce pape intransigeant, acharné à défendre une morale exigeante et dure, il s'en trouvera certains pour s'aimer sous la porte cochère d'un immeuble romain. 04/04/2005Nip/tuckVous avez beaucoup changé : une nouvelle coiffure ?
Mais à quoi jouez vous ?On ne peut pas vous laissez seuls deux minutes pour aller travailler...
OK, Misterblue...
Bon, en fait, je veux bien jouer...
03/04/2005It's you Charlie...Suite à une discussion récente, je repense à mon goût pour les films "moyens", ni oeuvres de cinéma (pas d'auteur derrière la caméra, pas de regard, pas de projet ni de récit, pas d'enjeu de narration), ni nanard certifié (comme "L'ile des femmes araignées" et autres bijoux kitsch). J'adore par exemple les comédies romantiques grand public dans lesquelles elle et lui se retrouvent à la fin, sous la pluie, trempés, en pleur, éperduement amoureux. Evidemment 4 mariages..., évidemment j'ai ri (quoi que pas tant que ça si j'y repense), j'ai pleuré ( le poème de Auden), j'ai pensé "oh non" en voyant tronche de cane, etc... et j'ai oublié la plus grande partie de ce film jusqu'à sa prochaine diffusion.
Mais pourtant, au coeur de ce film, se trouve une scène saisissante, très courte, parfaitement réussie.

C'est le mariage de Carrie, le groupe d'amis célibataires fait ensemble le serment de trouver l'amour. Charles (Hugh Grant, fade comme toujours) se retrouve dans un salon à l'écart avec Fiona (Kristin Scott Thomas, à chaque apparition troublante). En plaisantant, il demande à sa vieille copine si elle pense, elle, trouver le grand amour un jour. Depuis le début, le personnage nous est montré à grand traits comme une aristocrate froide et cinglante. Sa réponse fait voler cette image en éclat. De profil retirant sa cigarette de ses lèvres et osant à peine lever les yeux elle répond :
-"It's you Charlie. It has always been you..."
Elle explique très vite qu'elle l'a aimé dès le premier regard et que dès le premier regard elle comprend qu'il ne sera jamais qu'un ami pour elle. Alors elle se fait une raison, elle se durcit, s'habille en noir et reserve au reste du monde ses remarques acides et son désespoir glacé. "C'est la vie" (en français, avec un accent anglais...)
L'indécence en chantonnantL'émission de variétoc concédée par France 2 au sidaction pour justifier son appellation de service public battait son plein (enfin, autant que possible : studio ringard, Daniela -je suis femme donc je glousse- Lumbroso en "animatrice" -c'est elle qui le dit-, "en direct" qui clignote dans le coin en haut à gauche quand la plupart des artistes chantent en play-back -pas bien joué Etienne-, etc...) quand tout s'interrompt pour nous annoncer cette nouvelle "comme un coup de tonnerre" la mort du souverain pontife*. Sur le plateau, Arielle Dombasle s'apprêtait à hululer une reprise effrayante de Besame Mucho (qui ne l'a pas vu dire "Soy una pequina chicana mexicana" en secouant sa crinière ne sait pas ce que minauder veut dire). Interruption donc, flash, vues sans intérêt de la Place St Pierre puis retour plateau. Et là, dans un grand moment d'équilibrisme inconscient, avec une hyprocrisie imbécile dont seule la télé semble capable, Arielle et Daniela se mettent à faire l'éloge du pape tout en appelant à donner pour le sidaction, "attendu que JPII a beaucoup fait pour les gens dans la misère". Double salchow, triple boucle piqué, mais telle des Laëtitia Hubert de la commisération médiatique, vautrage en direct des deux dindes susnommées. Pleurer le pape : si on veut, croyant, non croyant, admirateur du personnage et de son rôle historique, OK, mais comment pleurer, le soir du sidaction, celui qui fut porteur d'un message de mort au nom d'une "culture de vie" archaïque et réactionnaire ? Comment oublier les discours au Kenya et en Afrique du Sud demandant aux fidèles de ne pas utiliser de moyens de contraception et donc de ne pas se protéger ? Comment accepter la stigmatisation de cette maladie comme "le signe du déréglement des sociétés laïcisées". Pleurez le pape si vous voulez, mais donnez au sidaction et ne mélangez pas des émotions inconciliables.
*sur les rituels qui entourent la mort des papes et en particulier sur la façon dont l'Eglise parvient, à partir du XIIIe siècle, à concilier le corps physique du pape-homme souffrant, image du christ avec le corps mystique du pape-ecclesia, image de l'église universelle et support du message de la résurrection : Agustino Paravicini-Bagliani, Le Corps du pape, Seuil, 1997. 02/04/2005How do you find your way back...Roslyn : "How do you find your way back in the dark?"
Langland : "Just head for that big star straight on.
The highway's under it - it'll take us right home."
 Samedi matin
Ce matin, j'avais juste envie que quelq'un me sert dans ses bras.
(finalement, c'est encore Nan Goldin qui s'y colle)
Bon, au travail. 01/04/2005Badge (à nouveau)
Ca commence à être un peu long, cette période badge.
Badges (encore)
Actualité ( et facilité)
Suite de ma période badge (cf. ci-dessus).
Peut-être une des grandes réussite esthétique des eighties.
J'en possède un "Jason & Kylie in love" circa 1987 d'une grande rareté qui pourrait me servir de garantie si je voulais emprunter auprès de mon banquier.
Play, play the guitar, play it again, My Johnny
Tell me something nice
Johnny: How many men have you forgotten?
Vienna: As many women as you've remembered.
Johnny: Don't go away.
Vienna: I haven't moved.
Johnny: Tell me something nice.
Vienna: Sure. What do you want to hear?
Johnny: Lie to me. Tell me all these years you've waited...
Vienna: All these years I've waited.
Johnny: Tell me you'd have died if I hadn't come back.
Vienna: I would have died if you hadn't come back.
Johnny: Tell me you still love me like I love you.
Vienna: I still love you like you love me.
Johnny: Thanks. Thanks a lot.
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