J'écoute : Alphabeat / Solange / Mina / Moriarty
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Tristan Garcia / Jacques Jouet
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour jeudi 4 septembre 2008 à 22:37)

31/07/2005

31/07/05 - 17:19

Chanson du dimanche (I’ll close my eyes)

Quand elle chante, Dinah Washington ressemble exactement à cela. Une robe un peu voyante, very chic, parce que depuis le début des années 50, elle enchaîne les succès. Elle n’est plus simplement une chanteuse de gospel de Tuscaloosa, Alabama, ni la vocaliste exceptionnelle qui forme avec Lionel hampton puis Clifford Brown un duo apprécié des puristes du jazz. Ses chansons sont des succès. Elle chante pour tout le monde, maintenant, presque des chansons de variété. Elle les chante avec cette voix incroyable, presque une caricature de la voix-de-chanteuse-de-jazz-noire, avec microphone sur pied, en bande-son dans les publicités pour le café. Cette voix qui saisit dès le début a cappela et qui ne vous lâche pas avant le vibrato final sur "with my heart". Et elle chante avec les mains dans les poches.


(il suffit de cliquer sur la photographie), elle interprète I’ll close my eyes. Elle le dit, même quand il n’est pas là, elle le voit en fermant les yeux. Le reste n’a aucune importance. Et plutôt que d’aviver le chagrin d’une absence, cette chanson l'aide à penser à lui. Il suffit de fermer les yeux.



31/07/05 - 12:04

Excès (suite)

Là, ça devient inquiétant :



30/07/2005

30/07/05 - 19:37

La tête et l'entrejambe

Plus lancé que les tests de copines pour la plage, plus osé que les séries du Monde sur les grands explorateurs (ou les hommes politiques de la trisième république), les suppléments des quotidiens et des magazines nous proposent cet été de réfléchir à la sexualité.
Chacun fidèle à sa ligne éditoriale : les Inrockuptibles entre Foucauld et Houellebecq s'échinent à dépister ce qui reste de subversif dans la sexualité aujourd'hui (ce qui nous vaut une bonne rasade de bouillon Iacub)


Libération sautille partout en proposant une approche ludique et insolite,

Et Sciences Humaines nous réexpliquent pour la 10e fois, avec la patience et la pédagogie d'un instituteur méthode Freinet, la différence entre le genre, le sexe et la sexualité (merci Madame Butler).

Très bien, mais une fois tout cela lu (en diagonale), il n'en reste pas moins deux questions irrésolues. Qu'est-ce que je sais de mon désir et de ma sexualité ? Et surtout (surtout pour moi, cérébral et rigide), qu'est-ce que je fais de ce savoir ? Ces connaissances, ces réflexions, ces discours théoriques, même étayés par des exemples précis, fonctionnent pour moi comme l'inverse exact de l'instinct. Si l'instinct est un savoir inconscient de lui-même, qui "sait" sans comprendre, alors tous ces textes peuvent m'aider à comprendre (comment se construit l'identité sexuelle, comment le regard social agit sur nous etc...). Mais , en fin de compte, je n'en sais toujours pas beaucoup plus. Ni comment faire, ni comment agir, ni ce qu'il m'est permis d'espérer.

29/07/2005

29/07/05 - 11:41

Allume-gaz

Beaucoup moins romantique qu’un cimetière abhorré de la lune, j’ai parfois l’impression d’être une gazinière, modèle premier prix.
« Tu comprends, moi je n’ai pas ressenti d’étincelle… tu vois, ce truc qui fait qu’on s’enflamme… enfin, tu sais, quoi »*. Je sais, ça s’appelle un allume-gaz et les modèles d’entrée de gamme en sont dépourvus. Oh, ce sont des modèles pratiques, solides, capables de rendre les services que l’on attend d’eux et même de produire une chaleur suffisante, mais ils ne font effectivement pas d’étincelle. C’est dommage.



*il m’arrive aussi de penser que ma vie sentimentale est dialoguée par un ancien scénariste de Dawson (et encore, hypothèse optimiste), aujourd’hui au chômage pour cause de Katie Holmes.



27/07/2005

27/07/05 - 01:50

Chaque fois

A chaque fois ce goût de terre dans la bouche, comme une poignée de terre, comme une poignée de terre dans la bouche pour m'empêcher de parler et ce creux au ventre et cette fatigue infinie, accablé, parce que ça ne va pas marcher parce qu'il faudra recommencer parce qu'il va falloir tout recommencer et l'énervement parce que moi je sais pas vers où je vais alors comment il sait, lui, mais je me tiens je suis souriant je suis d'accord je n'y peux rien, personne n'y peux rien quand ça se passe on le sent, bien sûr, on est sûr, on le sait mais alors pas les explications si on n'y peut rien, pas l'apaisement après pas le coup du mec bien avec qui on ne veut pas tricher, après on verra après, la tendresse et l'amitié ce sera pour plus tard, là j'y vais.

26/07/2005

26/07/05 - 12:50

Love, romance and understanding men



Pour un conseil, juste cliquez.

25/07/2005

25/07/05 - 19:19

I-dioten K-aufen E-infach A-lles


« Non Monsieur, les caddies sont réservés au rez-de-chaussée ! Pour l’étage, vous pouvez prendre un de ces énormes sacs jaunes informes qui hurlent au reste du monde que vous vous apprêtez à consommer de façon déraisonnable pour améliorer votre intérieur. Oui, c’est tout à fait exact, à la fin du parcours, le poids du sac vous aura déboîté l’épaule. Mais de rien, bonne journée chez Ikéa, Monsieur ! »

Ikéa-novlangue, tentative de décryptage :
Hensvik, Tovik, Leksvik : trois modèles d’armoire. Donc vik = suffixe indiquant la possibilité de ranger des vêtements dedans et d’ouvrir le meuble avec deux portes si l’on arrive à visser les charnières. Un gayvik est-il alors un homo dans un placard Ikéa ? Je m’interroge.

1 : - « Allo, allo ? Ouais, c’est moi, ça va ? bon, je suis chez Ikéa là et je… quoi ? t’es au boulot ? oh, ça va c’est bon, j’en ai pour deux minutes »
Mon frère : - « Putain, je rêve, tu m’appelles pour quoi exactement ? »
1 : - « La tour en bois pour salle de bain que t’avais repéré mais si tu sais là, le truc, ça s’appelle Malguer ou Molstründ, enfin bref, ils en font en solde et… hein ? »
Mon frère : - « Attend, tu m’appelles depuis les rayons d’Ikéa ? ! Euh dis moi un truc là, comme je te connais, tu as mis ton oreillette, non ? »
1 : – « Ben…, attends, j’ai un gros sac jaune et un tout petit crayon en bois à la main alors bon … »
Mon frère : - « c’est vraiment la honte… t’es bon pour témoigner dans une émission de M6 sur les modes de consommation des pseudos bobos de province »
1 : – « Tant que c’est pas présenté par Fred Courtachon. Bon, bref, c’est en solde ce truc, tu le veux toujours ? Parce que comme tu descends fin août, je pourrai te le passer et… »
Mon frère : - « Comment ça fin août ? »
1 : – « Ben oui, tu comptes pas sécher le truc avec les cousins là ? si ? non, parce que … »
etc…


Ikéa-novlangue, tentative de décryptage, 2 :
Stenskär, Ätran, Vättern sont tous des rangement de salle de bain. Ils ont tous des trémas sur le A. Je m’interroge.


« Et au menu aujourd’hui, nos traditionnelles boulettes de viandes suédoises »
Un client qui entre dans un magasin Ikéa vers 10h30 et qui suit le parcours fléché, passant devant les cellules d’intérieurs reconstitués comme devant autant de vignettes inquiétantes et normatives, aura faim en arrivant devant le restaurant Ikéa, vers 12h environ.

« The film's narrator (Edward Norton) is an insignificant cog in the drab, corporate machine, dutifully doing his job and what he's told without question. He's an insomniac slave to his IKEA possessions and only finds joy in going to as many self-help/dealing with terminal diseases sessions as he can. »


24/07/2005

24/07/05 - 20:01

La vie, des fois... (c'est quoi ton genre ?)


Intérieur nuit, pas beaucoup de lumière, deux ou trois bouteilles de bière ouvertes posées sur la table.

1 : "tu m'as dit que tu étais à un concert, là. C'était quoi ?"
lui : "un groupe de psychobilly"
1 : "... ?"
lui : "non, mais sinon j'écoute plutôt du punk. Un peu de ska, des vieux trucs genre Siouxsie, tu vois et puis de l'industriel, sinon"
1 : "... oui, je vois"
lui : "et toi, c'est quoi ton genre de musique ?"
1 : "euh, vas-y, allume la platine, là, tu verras"
Diana, Mary & Florence, toutes en choeur : "Wao wao wao / Baby lo-ove, my baby lo-ove..."
lui : "ah ouais, quand même"

24/07/05 - 12:57

Chanson du dimanche

La chanson-pour-survivre-au-dimanche est cette fois-ci proposée par Philippe Katerine, compositeur et arrangeur (aussi bien que Burgalat) mais chanteur un peu agaçant avec sa voix affectée. En cliquant sur le tableau de Colville, on peut l'entendre murmurer : "Chante-moi encore / La même mélodie / La chanson des morts / Ou des jours bénis / Je ne sais plus très bien aujourd'hui"



Il pleut en juillet, il ne rappelle pas, la ville est déserte, je devrais aller nager, la piscine sera pour moi tout seul, je devrais ranger ma bibliothèque, je devrais travailler un peu, je devrais peut-être le rappeler.
Je ne sais plus très bien aujourd'hui

22/07/2005

22/07/05 - 11:08

Dans l'orient désert quel devint mon ennui

De la mi-juillet jusqu'à la fin du mois d'août, ma ville devient un désert en province.


Il est alors possible, certains dimanches après-midi, vers les 15 h, de traverser le centre-ville sans rencontrer une seule personne dans les rues ensoleillées. Sur les portes des magasins, des petites affiches indiquent avec une écriture appliquée que la fermeture annuelle durera trois semaines. Les terrasses sont presque vides, la bibliothèque pour moi tout seul. Et les rares survivants se sourient en parlant du temps et de cette inhabituelle sécheresse.

20/07/2005

20/07/05 - 19:41

Méthode Coué

L'après-midi entière à lire des micro-film sur une machine bruyante et poussièreuse. Le défilement saccadé de la pellicule me donne un mal de mer tenace.



Mais sur l'appareil, juste au dessus de l'écran, un autocollant publictaire apposé par le distributeur indique avec force points d'exclamation "Canon, c'est pour les canons !"
Quand je sors de la bibliothèque, je me crois Matthew Fox.

20/07/05 - 12:23

Série d'été - conseil de lecture

Journaliste et critique cinéma souvent difficile à suivre, auteur à scandale pas très intéressant, Louis Skorecki signe cet été dans Libération des critiques musicales formidables.
Hier, à propos des chansons de Cole Porter : "Mais pourquoi les chante-t-on encore ? Elles changent de parure, de rythme, d'habillage, mais ce sont toujours les mêmes. leurs notes et leurs paroles frôlent tant de vie. Elles font rêver, danser, pleurer. Elles ont leurs scénaristes, leurs paroliers, leurs éclairagistes. Ceux qui les chantent s'appellent Bing Crosby, Billie Holiday ou Franck Sinatra."
La preuve :



Il suffit de cliquer.

17/07/2005

17/07/05 - 19:14

Summertime, suite (ma saison préférée)

Il n'est pas très difficile de trouver ce film un peu agaçant. Tout y est un peu trop conforme à ce que l'on en attend : Téchiné, la province, la famille, Deneuve en femme de notaire etc... Mais il y a aussi la lumière dans la campagne du sud-ouest.



Et la scène finale, après l'enterrement de la mère, le repas qui réunit les membres de cette famille bancale, tristes, blessés, soulagés. Le personnage joué par Deneuve explique quelle est sa saison préférée. Puis on entend Angélique Kidjo chanter Malaïka, une berceuse swahili. C'est la fin de l'été.

17/07/05 - 12:17

Summertime, and the living is easy

Très belle version en Fon (dialecte béninois) de Summertime


Il suffit de cliquer sur ce tableau de Frédéric Bazille, intitulé "Scène d'été".

Fish are jumping / and the cotton is high

13/07/2005

13/07/05 - 18:21

"Des je t'aime de 14 juillet"

Tout est là : une foule nombreuse dispersée en petits groupes bruyants, l'estrade pour "Jack et son orchsetre", les vendeurs de sandwichs, les guirlandes d'ampoules colorées (pourquoi les bleues sont-elles souvent éteintes ?), la chaleur encore tard dans la soirée, il ne manque que les platanes (mais les mûriers feront très bien l'affaire)


Bon, s'ils jouent un ou deux slows...

12/07/2005

12/07/05 - 21:41

La vie, des fois... (te fatigue pas)

Un soir dernier, autour d'un verre et d'un buffet improbable (cake aux olives, chorizo, martini et gateau chocolat-cacahuètes), une vingtaines de personnes. J'en connais une petite moitié : des copains de fraîche date, un ex-amant, des amis d'amis, une ancienne collègue. Nous fêtons là l'ouverture au public de l'atelier d'un copain peintre.


Assez vite, je m'affale dans le canapé défoncé qui décore un des coins de l'immense pièce, à la fois de lieu de travail et d'espace d'exposition, et je m'assoupis un peu. Je me réveille en sursaut, secoué par l'installation un peu lourde, à mes côtés, d'un grand gaillard au crâne lisse, en chemise noire, un verre à la main. Il commence la conversation en me demandant ce que je pense des toiles présentées. Je ne peux pas m'empêcher de sourire, mais, bien élevé, je commente mollement (exercice toujours un peu ridicule, entre le concours de références - "oui, oui, Villeglé bien sûr un peu" et l'expression bêtasse d'une opinion fade - "moi j'aime assez" étant alors le stade ultime de l'analyse-).
Il enchaîne ensuite tous les maillons d'une conversation attendue, dont le but évident est de réussir à déterminer mon degré de disponibilité tout en se montrant lui-même intéressant et intéressé ("et sinon tu es venu seul ?" / "en fait, je t'avais déjà remarqué tout à l'heure" etc...). Je suis fatigué et il me plaît avec son regard clair dans des orbites profondes et ses longues mains. Alors me vient l'envie de lui dire, comme dans Mélodie en sous sol, récemment revu, la réplique de Delon à une fille de bar (Dora Doll ?) qui essaye de se faire payer un verre dans un palace en se faisant passer pour une comtesse russe : "Te fatigues pas Totoche, on est du même monde..."


06/07/2005

06/07/05 - 12:05

Mister Hulot's holiday


Et le charme infini de la musique des vacances de Monsieur Hulot, avec les bruits de la plage (il suffit de cliquer) :



06/07/05 - 11:52

"Hulot...Hulot..."



Il y a toujours sur cette plage une ambiance qui me rappelle



01/07/2005

01/07/05 - 10:51

Quelques jours avec moi


Juste quelques jours


Ca sera bien