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J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

30/09/2005

30/09/05 - 17:20

Mon truc en plume (ploc)

C’est la rentrée, c’est la reprise de ces activités physiques destinées à m’empêcher de me ramollir physiquement et socialement. Coordination, rapidité, travail des adducteurs et maîtrise de la conversation insipide « Comment se sont passées tes vacances ? Et les enfants vont bien ? Dis bonjour à Marie-Christine de ma part ». Depuis 2 ans maintenant, je retrouve chaque année mon club de badminton et mon partenaire attitré, adversaire en simple et coéquipier en double, le beau (je n’allais tout de même pas choisir sur des critères sportifs) J.
Eternel étudiant en sociologie, il tente de m’expliquer l’interaction chez Goffman pendant l’échauffement (ploc, ploc) puis m’inflige des défaites cuisantes à coup de smashs assassins et d’amortis exaspérants (ploc). Je lui pardonne ces humiliations régulières pour le simple plaisir de retrouver ses invraisemblables t-shirts jaunes ou oranges, ses shorts de basket xxl, ses yeux bleus, ses lacets défaits qui l’arrêtent en plein échange (un peu agaçant ça, quand même, surtout quand on mène contre M. et B. les deux blaireaux du clubs, particulièrement doués pour se congratuler bruyamment à chaque point gagné et pour se savonner l’entrejambe en vantant les mérites de leurs voitures -je les suspecte d’ailleurs de passer leurs samedi après-midi à faire l’inverse-) et sa barbe de trois jours.



J’ignore tout de sa vie privée et lui de la mienne. Je tente parfois de fines allusions. Ainsi, quand j’essaye sa raquette au cordage plus tendu que la mienne (une scène très Red River) et qu’ il me sourit et prend une grosse voix pour me dire que « c’est pas une raquette de pédé, hein ? », je la lui tends aussitôt en précisant : « bon, ben je te la rends alors ». Ou cette autre fois, alors qu’il me demande pourquoi j’ai arrêté l’escrime pour faire du badminton et que je lui explique que je ne pouvais pas passer à côté du seul sport qui nécessite l’utilisation d’un accessoire en plume. Il sourit en retour, imperturbable, un peu moqueur, irrésistible.



30/09/05 - 12:04

Pan Mun Jon

Pour K/P.B. qui, au loin, m'en veut d'être aussi inconstant.

30/09/05 - 09:44

A l'arrière des taxis (ils s'aimaient)

Depuis plus de dix jour, grâce/à cause de Mr _Snoop_.
Et l'autre soir, en illustration idéale, F. et S. qui s'aimaient à l'arrière de mon taxi.



leurs mains qui glissaient sur leurs skins / se perdaient sur la moleskine


29/09/2005

29/09/05 - 21:45

GA mène l’enquête

Mieux q’un Perdu de vue avec feu Patrick Sébastien, cette photo a permis à ce jeune homme de se reconnaître.
La promesse faite depuis des années par les thuriféraires d’internet se réalise enfin : des amis dans le monde entier, des connexions improbables, les distances abolies, l’amour sur la Terre. Mais pour cela, secret jusqu’ici bien gardé, il m’aura fallu poser nu pour Mr Tunick. Alors une dernière fois (promis), je m’exhibe :


(container marron au premier plan à droite, à la verticale de la marque blanche, TRES DISTINCTEMENT, mon visage levé vers l’objectif : « Spencer ! Spencer ! I’m here ! »)

27/09/2005

27/09/05 - 12:07

Show me your tits

Un moment d'inattention, et Mr The- en profite pour poster sur l'un de mes films préférés. Showgirls, donc, effectivement ahurissant remake de All about Eve, entiérement inversé : Las Vegas vs la côte est, des vieilles stars rescapées des débuts du cinéma hollywoodien vs un casting improbable de jeunes louves et de vieux ringards, l'univers du théâtre intello vs le strip tease. Surtout, ce film apparaît comme une étape logique dans l'oeuvre de Verhoeven, toute entière occupée à démonter les obsessions de la société américaine. Nomi Malone veut réussir, elle y arrivera à tout prix. Exactement à tout prix. Le choix de Berkeley, oie blanche des teen-soap, est génial, puisque l'actrice comme son personnage accède à la célébrité en y laissant sa réputation. Et Gina Gershon... (dont le personnage de garce presque sensible retrouve un écho dans son apparition dans le Demonlover d'Assayas).


En revanche, pas d'accord pour y voir un film "vulgaire". Sur le sujet, Hollywood nous a fourni largement de quoi faire, le meilleur exemple étant Strip Tease, daube AOC qui permit à Demi de rentabiliser son investissement en personnal traning et en silicone. La crudité des dialogues, la violences des situations, l'étalage ahurissant pour un film mainstream de nudités et de sexe sont toujours intégrés à la logique narrative du film et à sa démonstration (un peu lourde parfois quand même). Toute la subculture américaine infiltre le film : cabaret burlesque, trailerparks, sin city et même "veurzèsse"... Et puis, les dialogues et le script sont de Joe Eszterhas dont les "mémoires" American Rhapsody sont un des compte-rendus les plus drôles qui existent de l'Amérique schizophrène des années Clinton-Lewinsky.

26/09/2005

26/09/05 - 13:32

"Et je me souviens, je me souviens très bien de ce que je t'ai dit ce matin là..."

L'inhabituelle douceur du temps et le soleil qui brille toujours, déjà un peu plus blanc que ces dernières semaines : ici comme ailleurs, c'est décidément l'été indien


Pour entendre Bruno vous le dire avec, dans la voix, une entêtante mélancolie, il suffit de cliquer...

25/09/2005

25/09/05 - 22:21

Une chanson pour le dimanche soir (et la semaine à venir ?)

Ce n'est pas une averse brutale qui y changera quoique ce soit : il fait beau, l'air est doux, les arbres commencent juste à roussir : c'est l'été indien. Et en cette fin septembre, je suis les hésitations d'un garçon qui me laisse des messages pour me dire qu'il à hâte de me voir, mais qu'il ne sait pas quand. Un pas en avant, deux en arrière, mais serrés l'un à l'autre, la reprise tango par Pascal Comelade du succès de Joe Dassin s'impose : il suffit de cliquer


Et, une fois encore, mon téléphone me tient lieu de pace-maker.

24/09/2005

24/09/05 - 20:08

Hmmm... certes

La soirée s'annonce conceptuelle (il suffit de cliquer)


Mais le programme promet Dj Poulet aux platines, alors...

22/09/2005

22/09/05 - 20:57

La vie, des fois... (au fond des bois)

driiing, drriiing, drriiing
Ouais, bon, ça commence à être pénible cette sonnerie rétro idiote, bon, c'est qui... oh putain ! (je recrache mon granola, j'inspire, je décroche)

lui : -"allô, allô, tu m'entends ? ouais, c'est moi"
1 : -"euh, ouais, euh... salut, euh... je t'entends mal"
lui : -"oui, c'est normal... bon, je suis désolé je t'avais dit que je t'appelerai plus tôt mais là, j'ai été super pris et "
1 : -"euh, je t'entends vraiment mal... t'es où là ?" (un don pour la conversation)
lui : -" ccrrr... ben en fait je suis avec un copain, on est dans la forêt de M*** enfin carrément dans la forêt, quoi"
1 : -" ???? "
lui : -"... ah là ça passe mieux... on est venu pour écouter le brâme du cerf, enfin je te raconterai, je vais pas rester longtemps, là"
1 : -"le brâme du cerf..."
lui : -"ben ouais, tu sais, c'est la saison..."



C'est la saison...

22/09/05 - 19:07

Mode aléatoire

Reprenant l'idée à Mr The-, je tente un mode random de mon stock MP3 en image :




















19/09/2005

19/09/05 - 18:54

Quelle importance ? (nous ne nous reverrons jamais...)

L’autre fois, soirée "célibataires" avec un groupe de copains. Ambiance détendue, regards plus ou moins appuyés, conciliabules, remarques amusées, drague légère. Me reviennent alors inévitablement, en bande-son parfaite, les paroles de la chanson de Katerine, où se résument toutes les phrases idiotes de ces conversations qui dissimulent à peine le désir ou l’indifférence. (il suffit de cliquer)



Mr. Katerine , would you like to buy me a drink ?
Aimez-vous la bonne musique, Mr. Katerine?
N'êtes-vous pas un romantique, Mr. Katerine?
Parlez-vous anglais, Mr. Katerine?
Quelle importance ? Quelle importance, Nous ne nous reverrons jamais

Dansez-vous encore la java, Dans les dancings?
Fumez-vous la marijuana, Mr. Katerine?
Vous êtes bien laid, Mr. Katerine!
Quelle importance ? Quelle importance, Nous ne nous reverrons jamais

N'êtes-vous pas homosexuel, Mr Katerine?
Aimez-vous les intellectuels, Alain Krivine?
Parlez-vous anglais, Mr Katerine?
Quelle importance ? Quelle importance, Nous ne nous reverrons jamais…


18/09/2005

18/09/05 - 10:53

Suivez le guide

Aujourd'hui, je fais le guide, là :



Et je devrais pouvoir annoncer d'une voix solennelle : "Mesdames et messieurs, l'ensemble de ce que vous avez sous les yeux est entiérement d'époque !"

15/09/2005

15/09/05 - 21:41

"et je le voudrai nu"



13/09/2005

13/09/05 - 18:58

Bon, ça suffit, allez vous rhabiller

Je suis sur cette photo, là...



Mais si ! Contre le container marron, là, juste à côté de celui qui ne parvient pas à s'allonger complètement...

12/09/2005

12/09/05 - 12:23

ENCORE UN PEU ?

Dernière prise de vue ce matin. Imprévue, réservée aux participants de la journée de dimanche, elle a lieu en plein centre de Lyon. Même rituel, avec Spencer Tunick cette fois ci plus accessible qui passe parmi les groupes et répond aux questions en souriant.
La première vue à lieu sur la passerelle qui relie l’église St Paul à la Place des Terreaux. Pour ne pas bloquer trop longtemps la circulation (ni, visiblement, s’attirer vraiment des ennuis avec la police municipale qui tolère là un événement qu’elle ne maîtrise pas), nous nous déplaçons en courant, nus donc, sur la place de l’église puis sur les quais. La passerelle vibre sous nos pas, il fait (toujours) froid. La présence des passants, les gens aux fenêtre, le visage ahuris des passagers dans les bus et de ceux qui se rendent au travail rendent le moment très joyeux.
Une dernière prise se fait dans un escalier du vieux Lyon. Les corps encore bronzés par l’été ont la même couleur que les crépis rosés des maisons renaissances. Debout, les yeux fermés, je peux même entendre le petit déclic de l’appareil.



Fin de la prise de vue, ce matin, lundi 12 septembre à Lyon

Pour me remettre, une brioche aux pralines et un café aux Négos.

12/09/05 - 11:43

COMMENT JE ME SUIS DESHABILLE… (OU MA VIE SOCIALE)

« Vous allez être tout nu, c’est ça ? » :

Dimanche, 4 h. 30 du matin (gnnni ?), je hèle un taxi sur le pont de la Guillotière et lui indique la destination (que je m’étais engagé à tenir secrète) : le port Herriot. Engagement visiblement mal respecté par d’autres puisqu’il me demande aussitôt : « ah, c’est pour la photo ? ». Je réponds oui et du coup il me jette un regard à la fois perplexe, un peu inquiet et franchement amusé. A chaque feu des boulevards Saxe puis Jaurès, il hasarde une nouvelle question « mais, c’est qui , là, le photographe ? et il fait ça pour quoi ? et vous êtes juste volontaire ?» pour arriver à poser celle qui lui brule les lèvres depuis le début « Et vous allez être tout nu, c’est ça ? » « Exactement ! ». Il est 4 h.4 5, je ne suis pas très réveillé, mon enthousiasme est intact.
Une idée du travail de Tunick :



Sur place, le flot des participants est irrégulier mais impressionnant pour cette heure matinale et ce lieu improbable, coincé entre le Rhône et le stade Gerland. Une majorité de jeunes urbains, évidemment, mais pas seulement. Le lieu exact de « l’installation » (c’est juste un ajustement lexical à prendre, dire « installation » -ou mieux set up- pour prise de vue) se trouve être un dock de débarquement du port sur lequel s’entasse des centaines de containers de couleurs différentes. L’équipe (talkie, t-shirt « Staff », pantalon taille-basse, 25 ans maxi) nous distribue un sac en plastique pour mettre nos affaires puis nous fait attendre le lever du soleil en nous assurant régulièrement, par mégaphone, que Spencer (visiblement, dire Tunick est du dernier ringard, ce qui ferme malheureusement la possibilité à de nombreuses blagues fines) est « très impatient des travailler avec nous ». Le « plasticien » fait une apparition vers 6h du matin. Juché sur escabeau, rétro-éclairé par un assistant qui porte un spot, il nous remercie et nous explique vaguement ses intentions (nos corps nus dans un décor de port industriel sont censés dénoncer la société de consommation. Pas de commentaires…). Il est entièrement habillé de noir.


« Spencer dit : … » :

Le jour se lève enfin vers 6 h. 45. Tout le monde est congelé, ce qui, ajouté à l’attente et la nature de l’événement produit des conversations impromptues et spontanées. Une dame en déambulateur explique qu’elle a été modèle toute sa vie et que, à plus de 70 ans, cette séance sera sa dernière pose pour un artiste. Le plus intriguant est d’imaginer que tout le monde sera nu dans quelques minutes.
Le staff ouvre le passage vers le lieu de la prise de vue. Nous posons nos affaires et nous nous déshabillons. Pas de lunettes, pas de montre, pas de bijoux (« et les piercings ? » « vous pouvez les garder » « Bon, tant mieux » apprécie Jean-Pierre qui se révélera, une fois nu, l’heureux propriétaire d’un Prince-Albert de la taille d’un rond de serviette). Cela se passe très rapidement dans une atmosphère de tension libérée, avec beaucoup d’éclats de rire et finalement assez peu de gêne.

La première prise de vue a lieu entre deux rangées de container. L’ambiance est plutôt sérieuse, il fait froid, la lumières est très grise. Nous devons nous tenir debout, régulièrement espacés, de face puis de dos au photographe qui donne ses indications en anglais, aussitôt traduites par 3 ou 4 assistants munis de porte-voix. Cela donne des séquences assez drôles, entre la caricature de metteur en scène hollywoodien et celle du plasticien proclamé génial et capricieux.
L’ambiance se fige un peu lorsque nous devons nous allonger à même le sol (il a plu la nuit précédente, des flaques d’eau et d’huile noirâtre parsèment le bitume entre les containers) puis lever les jambes à la verticales (ne PAS regarder derrière soi, ne pas tourner la tête). Le contact avec les autres permet de se réchauffer un peu. J’ai l’impression de participer à un cours de gymnastique collective en Corée du Nord.
Spencer Tunick : « Please don’t smile. Don’t smile ! » = « Spencer dit : ne souriez pas » / « Don’t look at me » = « Spencer vous demande de ne pas le regarder » / « I see some gap » = »Spencer vous demande de combler les trous que vous voyez autour de vous »
Dernières prise à genoux (inconfortable). Les hommes vont ensuite se rhabiller, la peau tachée de fuel.

Des bus nous emmènent vers le lieu de la deuxième prise de vue, au confluent entre le Rhône et la Saône. Le soleil est enfin franchement levé, le site est une pointe d’herbe fraîchement tondue. L’ambiance se fait plus douce et plus rieuse. Sur les berges en face, les VTTistes du dimanche en croient mal leurs yeux. La presse tourne en rond sur un bateau-mouche. L’équipe des assistants, juchée sur des escabeaux, nous explique la disposition des trois vues. Pendant cet exposé, derrière eux, lentement, monte un elevator de chantier jaune où se tient, avec le sérieux d'un Cecil B. Demille arty, Spencer Tunick.
L’une des prises ne concerne que les hommes. Nous sommes d’abord assis puis allongés sur le ventre. Moment délicieux lorsque les assistants nous demandent au mégaphone « d’épousseter les fesses de ceux qui sont devant vous » car « Spencer ne veut pas voir de brins d’herbe ». Mon sentiment (impressionniste) d’une sur-représentation statistique gay sur le site se confirme à cette occasion au travers des blagues qui fusent, principalement sur le mode « pas de problème / vous permettez ? ». En revanche, lorsque nous allons récupérer nos vêtements pour nous rhabiller, nous nous retrouvons au milieu de plus de 500 femmes qui, elles, se sont rhabillées. Et pour la première fois de la matinée, je cache mon sexe avec mes mains.


Les gens tout nus disent :

« Où est Jean-Claude ? »
« Les traductions, c’est vraiment n’importe quoi ! Non, mais, c’est vrai, je suis prof d’anglais ! »
« Mais là j’ai ma tête dans quoi ? »
« Il paraît qu’il y a des gens des RG dans la foule. Si, si, à poil ! »
« Je peux vous nettoyer le dos, si vous voulez »
« T’as vu, y’a Manu qu’est là ! Non ? ! »
« Au point où on en est, on doit pouvoir se dire tu… »


La vérité toute nue :

Cette expérience me permet de vérifier la vérité de quelques lieux communs :
- Tout nu et habillé, ce n’est pas la même chose, mais tout nus tous ensembles, c’est presque comme habillé.
- Quand on en a vu une, on ne les a pas toutes vues (valable pour n’importe quelle partie de l’anatomie humaine)
- Le visage ne dit rien du corps.
- Rien n’est en proportion.
- Les blagues de cul n’ont plus aucun sens quand tout le monde montre le sien.


Allez Andy, quoi… :

L’un des meilleurs moments de cette matinée reste le pique-nique gracieusement offert par Tunick au confluent, après la dernière prise de vue. Les participants sont libres de rester nus ou de s’habiller (je choisis la deuxième option. Je suis à poil depuis 1 heure et mes parents me l’ont suffisamment répété tous les étés, on met un t-shirt pour venir à table) pour une re-création improbable du déjeuner sur l’herbe. Un DJ mixe gentiment, le soleil fait un petit effort (mais pas longtemps) et, la fatigue aidant et la quasi-familiarité maintenant installée avec tous ces inconnus dont je n’ignore plus grand chose du corps, l’ambiance se fait détendue, chaleureuse, assez joyeuse. Spencer Tunick, toujours suivi par son porte pellicule, son porte objectif et son porte-voix sautille de groupes en groupes pour prendre des instantanées. Très warholien.



Spencer Tunick : « Don’t eat too fast ! It’s a work of art in progress ! » = « Spencer vous demande de ne pas manger trop vite. Il réalise actuellement une œuvre d’art à laquelle vous participez. Merci. »


Revue de presse :
http://www.vivrenu.com/viewtopicH.php?topic=2081&forum=24

08/09/2005

08/09/05 - 18:34

Les choses

J’achète parfois, irrégulièrement, des paquets de brosses à dent à l’usage des garçons qui passent la nuit chez moi. Je prends des modèles différents du mien pour ne pas les confondre, souples, normales, par lot de trois ou quatre. Je reprends cette habitude à R., le premier avec qui j’ai dormi toute la nuit juste après l’avoir rencontré (cette attention traduit d’ailleurs parfaitement les rapports qu’il entretient avec ses amants de passage : un peu de douceur, une grande attention au bien être de l’autre et la mise à distance de l’affectif par une gestion strictement matérielle des relations intimes : ton café est sur la table / si tu veux qu’on se revoit tu m’envoie un texto à ce n° là / claque bien la porte en partant / tu peux prendre une des brosses à dent, là)
Sous le blister orange, avec leurs couleurs un peu criardes et leur disponibilité facile de produit de grande consommation, elles sont l’illustration la plus crue d’une partie de mon existence.



PS. : je ne me suis pas encore résolu à jeter celle qu’il a utilisée (non sans m’avoir d’abord demandé en riant s’il devait y voir un message).

06/09/2005

06/09/05 - 19:16

Si les symptômes persistent

Comme une lumière violente regardée un peu trop longtemps et dont la forme colorée persiste encore sous les paupières fermées, l'image de ce garçon me poursuit après plusieurs jours.
Je me retourne dans la rue sur les tous les blonds qui passent, je vérifie bien que ce n'est pas lui, là, dans le bus, avec le même t-shirt orange, qu'il n'est pas dans la salle de lecture de la bibliothèque, ni à la cafétéria de la fac, qu'il ne s'attarde pas aux terrasses des cafés malgré ce soleil inhabituel. Je voudrais juste que le hasard le dépose une nouvelle fois devant moi, comme un de ces morceaux de bois après les grandes marées, un bois flotté, lisse et doux. Je ne veux pas le traquer, je ne veux pas le rechercher, je veux le retrouver et lui dire, d'un air détaché (mais comment ?) que nous n'avons peut-être pas, en une seule courte nuit et un long matin, épuisé complétement le plaisir de cette rencontre.
A. se moque doucement et imite, assez bien, Arletty : "Mais enfin ! Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour !" Je souris (mais pas plus). Je sais que je retrouve mes peurs profondes et que je confonds, encore, séparé et abandonné, désir et envie, terminé et perdu.


Comme dans la chanson (cliquer sur l'image), ce matin bleu ne quitte pas mon esprit...

05/09/2005

05/09/05 - 21:01

Demain, j'enlève le bas

Enfin dimanche... et le haut aussi, si j'ai bien lu.

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Pavement de toute photographie et enregistrement audio et vidéo qu’il ou toutes les personnes autorisées par lui pourrait faire de moi, et ce quel que soit le but, sans demander aucune compensation. Tous les négatifs et les photographies, les enregistrements audio et vidéo, toute prise de vue constituent la propriété inaliénable de Spencer Tunick/Naked Pavement.
Je certifie être majeur (dans le cas contraire, vous devez être accompagné par un parent ou tuteur, et devez contacter La Biennale d’art Contemporain de Lyon ou Art/Entreprise avant l’événement). Je comprends pleinement et, par-là même assume tous les risques et dangers encourus que pourrait entraîner la participation à cet événement artistique. Je participe volontairement et j’assume toute la responsabilité d’un quelconque dommage corporel pouvant subvenir à la suite d’un accident dans le cadre de ma participation à cet événement. Je comprends que moi, mes représentants légaux ainsi que mes successeurs cèdent mes droits et renoncent à toute réclamation et action en justice pour blessure, atteinte à la propriété intellectuelle, mort, ou quel qu‚autre dommage subi présentement ou dans le futur, causé par un acte de négligence de la part de La Biennale d’art Contemporain de Lyon, Art/Entreprise, Spencer Tunick/Naked Pavement ou ses représentants.
Autorise gracieusement (là, c'est le passage que je préfère) la Biennale d’Art Contemporain de Lyon (Siret 315 605 535 00048), après avoir reçu l’autorisation de Spencer Tunick, à diffuser et reproduire mon image à des fins d’exposition lors de la Biennale d’art Contemporain de Lyon 2005 et en vue de la promotion et l’information autour de la manifestation « la Biennale d’art Contemporain 2005 ». Cette autorisation vaut pour la durée légale, le monde entier pour toute diffusion par tout moyen de représentation publique notamment télévisuel, audio, numérique, Internet et sur tout support de reproduction notamment sur support papier (presse), numérique (Cd-Rom….).

SIGNATURE_______________1constant


05/09/05 - 13:11

Résolution

Allez, à la bibliothèque. Sans internet, sans GA, sans téléphone, sans Mp3. Je finirai bien par terminer la lecture de cet ouvrage, par réfléchir un peu, par écrire quelques lignes.



04/09/2005

04/09/05 - 12:47

Chanson de l'été

La voix mouillée de Juliet et les beats asséchés de Jacques Lu Cont m'ont accompagné tout l'été. (il suffit de cliquer)


Dès le premier week-end de juillet, sur la piste du Théâtre, derrière le vieux casino.
Au Sweet ensuite, en fond sonore de mes conversations approximatives avec M., puis au Zeltas, et M. se met alors à danser.


Au Pub, enfin, à côté de la plage, derrière le Remblais, où l'on se retrouve tous les soirs.


"Allez Franck, tu le remets encore une fois, il est tard, il n'ya presque plus que nous, allez..."

Ce titre ne m'a pas lâché, et à chaque écoute se superpose un autre souvenir.

02/09/2005

02/09/05 - 14:16

"La Baule, esprit jeunes pop."

Je sens que l'université d'été des jeunes de l'UMP à La Baule peut devenir un événement à la fois plus drôle que le festival d'humour de Montréal (cela ne devrait pas être trop difficile, les Québecois s'obstinant à considérer Anne Roumanoff comme une comique amusante, au premier degrés) et, partant, plus branché que le FIB à Bénicassim (là, je m'avance un peu).



Déjà, le choix de La Baule pour réunir des jeunes de droite me semble particulièrement judicieux. Comme la fête de l'Huma à la Courneuve (banlieue de moins en moins rouge, mais les représentations sont tenaces), Attac à Poitiers (ville de profs et de fonctionnaires étiquetés de gauche) et Bové sur le Larzac, cette station balnéaire un peu chic, un peu passée de mode, avec son front de mer baléarisé et ses hectares de villas années 30 perdues dans les pins est le cadre parfait (dans le sens ou l'entend l'époque : concordant, sursignifiant, tautologique) pour accueillir cette manifestation. Les jeunes de l'UMP surjouent le populaire (slogan, affiche, discours) pour masquer une réalité sociologique** tenace : quand on est jeune et que l'on milite* à droite, on pense que le bleu marine (ou le denim), ça va avec tout, et qu'être bien coiffé, c'est déjà un bon début. Et là, le choix de La Baule s'impose, puisque cette charmante commune de Loire Atlantique (sur place, on prefère dire "Bretagne sud", mais bon, c'est surtout pour justifier le nombre de crêperies au mètre carré) accueille déjà, en saison, la densité la plus élevée*** de serres-têtes, de pantalons corsaires en vichy, de chemises Ralph Lauren (hors du jean -soyons fous- mais repassées, ouf) et de cabas Burberry (pile la bonne taille pour mettre la serviette de plage, l'écran total La Roche-Posay et avoir encore un peu de place pour faire un raccord course Avenue De gaulle, avec les cousins qui sont arrivés hier, on pourrait manquer de petits-écoliers choco-lait).
Je ne doute pas un instant que cette caricature soit fausse, pour le mouvement politique comme pour la ville de la Baule, mais en faisant ce choix (au détriment d'autres destinations riantes, comme Longwy ou St-Pol-sur-Ternoise), l'UMP renforce ces clichés.
Ceci dit, ça s'annonce vraiment marrant, puisque le sarkozyste qui doit, logiquement et démocratiquement, prendre la tête du mouvement à l'occasion de ce week-end, un certain Fabien de Sans Nicolas, est présenté comme "le poulain d'Alain Carignon". Personnellement, c'est un titre de gloire qui ne lasse pas de m'amuser.
Et le site est très drôle aussi, surtout les webcam.

*je dis bien "milite" et non pas "vote", la réalité sociologique du vote UMP étant, elle, largement plus populaire (la gauche en sait quelquechose), tout comme son recrutement militant dans les tranches d'âge plus élevées.
** en fait, lire esthétique à la place de sociologique, ce qui trahit la portée limitée de mes remarques (remarques subjectives, est-il besoin de le précisier sur un blog), très André Siegfried pour Têtu Plage.
*** La rue de Passy et la boutique Franck & Fils étant hors concours.

01/09/2005

01/09/05 - 11:44

Kondratieff

Eté 1992. pour la première fois, je voyage seul. Etudiant mal dégourdi et provincial craintif, ce séjour au Maroc est pour moi une expédition. L’avion atterrit très tôt à l’aéroport de Marrakech, je dois rejoindre ensuite Rabat par le train. Par la fenêtre du compartiment, je regarde les paysages jaunis du moyen Atlas. Mon voisin m’offre des figues de barbarie. J’essaye de comprendre le nom des stations pour ne pas me tromper et bien descendre à la gare Mohammed V. Dans la cohue, sur le quai, M. m’attend avec ses parents. Pendant plus de dix ans, ils seront mon autre famille.



Eté 2005, pour la première à nouveau depuis près de 10 ans, je voyage seul. Mes Ray-Ban alternativement levées sur le front ou baissées sur mes yeux (tête à claque même à 23h, évidemment), la besace en bandoulière, j’attends que ma valise passe sur le tapis roulant. J’ai l’air blasé et déplaisant du trentenaire urbain en transit. Je donne au taxi l’adresse de B., je baisse la vitre et regarde défiler les immeubles de Gran Via. Sur la terrasse de l’appartement, une bande de garçons m’accueille en riant.
J’en prends pour dix ans ?