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J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

29/11/2005

29/11/05 - 23:33

"Tu connais Paris ?"

Le sel sur les trottoirs / Le temps des fleurs imprimés dans la tête par une chanteuse du métro / "Bettina ! Be-tti-na ! oui, avec deux t, bien sûr ! Non, je ne suis pas à l'agence, je vous appelle depuis le stand Dior du Printemps. Evidemment, le Dior homme..." (pour la même chose en musique-les 2manyDJ's pour Colette, ex-hype early 00'- il suffit de cliquer sur l'image / le gris du rebord en zinc qui court sous les fenêtres à chaque étage / le noir du denim des pantalons étroits des filles de cet hiver / le sourire du serveur blond de chez Cojean



Sur le strapontin, derrière moi, chuchoté mais pas assez bas : "tu sais, je n'ai pas pensé à toi un seul instant" / All Parisians, all citizen / "C'est-une-jolie-ville-il-paraît-et-sinon-tu-es-venu-juste-pour-le-week-end ?" / Pour Noël, prenez de l'avance ! / Sur le t-shirt du serveur "I believe in Prozac allmighty" / Oui, je voudrais surtout l'accès au département des manuscrits occidentaux / "Au Tango, on ramène rarement. Non, franchement, certains soirs, c'est le train fantôme... Ah, vous vous êtes rencontré là-bas ?" / Dans le taxi, tard le soir, à rire tous les trois comme des perdus


24/11/2005

24/11/05 - 22:07

Un anno d'amore (toute une année d'amour)

Au départ, c'est une chanson de Nino Ferrer. De Nino Ferrari même, quand il est encore parolier en Italie. Le titre devient un succès de Mina. Et puis, bien sûr, c'est l'autre chanson des Talons lointains d'Almodovar.


Là, (il suffit de cliquer sur la photographie) un groupe italien, Gatto Ciliegia, la reprend dans sa langue d'origine. Et c'est très bien.


15/11/2005

15/11/05 - 18:58

Kille (plur. : killen) : gars, garçon, mec, type (en suédois)

Sur le même air que Tes parents du pénible* Vincent Delerm (pour l'original, il suffit de cliquer) :

"Les garçon sont pour moi /
Comme des meubles Ikéa /
Avec un mode d'emploi /
Ecrit tout en suédois"




Remerciements : à mes parents, à ma maison de disque et à Mr Baltringue pour la traduction.
Et bien sûr :
à R. ("non mais reste dormir si tu as envie"),
à S. ("tu sais il ne faut pas que je m'attache"),
à N. ("tu sais, je ne prends pas les numéros de téléphone")
et à D. (texto du 12-10 : "je pense à toi on se voi trè vite" / texto du 04-11 "je tapel on se voit tré vite tembrasse fort").
Retrouvez d'autres modèles dans nos magasins.

*En auto-rebond (ce blog devrait bientôt afficher en fond une photo de mon nombril) au post précedent.



14/11/2005

14/11/05 - 22:00

Vis ma vie (de Vincent Delerm)

Je n'aime pas Vincent Delerm.



Ce garçon chouigne au lieu de chanter, use jusqu'à la corde la nostalgie idiote des trentenaires ni plus assez jeunes ni encore trop vieux, ressasse dans ses textes un univers que je connais (la province, les études en fac de sciences humaines, les parents abonnés à Télérama et le velours côtelé, merci, j'ai donné). En plus, si l'on regarde d'un peu loin sur la pochette de son premier album, on peut avoir l'impression qu'il porte des fausses de oreilles de bunny (bien fait).



Mais surtout, ce que je lui pardonne mal, c'est de me ressembler. Enfin, pour être exact, c'est de m'entendre dire parfois que je lui ressemble.
- L'été dernier, en terrasse d'un café à Tours, le serveur tourne autour de notre table, hésite, s'approche et avant même de prendre notre commande me dit : "Bon, allez, en fait, vous êtes dans la chanson ?" "Euh, non.." "Mais si, vous êtes Vincent Delerm, c'est ça !" "Euh, non, pas davantage" (il me croit difficilement, pour le convaincre, je commande un Coca lemon, boisson fort peu delermienne (je l'imagine plus cacolac).
- Il y a quelques mois, sortant de chez des amis, je croise dans les rues piétonnes un troupeau d'étudiants en pleine révision de leurs partiel à grands renforts de bières belges. L'un d'eux prend le temps de me dévisager avant d'annoner péniblement : "Toi... toi... tu ressembles...". Je continue à marcher et je l'entends bramer dans mon dos 10 m derrière moi : "A Vincent... DELERM !".
- Et il y a peu encore, un petit rouquin souriant : "tu sais que tu ressembles à ..." "oui, c'est bon, je sais..."



D'accord, je veux bien concéder la même barbe ni rasée ni fournie, une allure d'échalas de bibliothèque et ce côté pas-migon/pas-moche avec des beaux yeux.
Mais bon, au final, me voilà donc sosie non-officiel d'un garçon que je trouve vilain.
Cependant, cette situation a un avantage, celui de pouvoir détourner les chansons de Delerm en running-gag inépuisable des soirées entre copains. De reprises improbables (L. tentant une version hard-rock de Fanny Ardant) en imitations impressionnantes (J.-B. couinant à la perfection Tes parents) le répertoire se révèle finalement assez riche et la parodie est tentante. Alors certains soir, moi aussi je fredonne d'une voix de fausset geignard : "Les garçons sont pour moi / comme des meubles Ikéa /Avec un mode d'emploi / Ecrit tout en suédois"

08/11/2005

08/11/05 - 20:40

Comme un chiffre inscrit sous les verres duralex

En temps normal, j’ai 33 ans, mais parfois :

Je prends un dragée de chewing-gum, puis un autre, puis encore un autre, je fais des bulles qui éclatent bruyamment et me valent des regards consternés de mes voisins de lecture. A la fin de la journée, j’ai un peu mal aux mâchoires, j’ai 8 ans.

Dans le train, mon voisin écoute son ipod trop fort, j’entends les basses. Il parle aussi parfois dans son portable, trop fort là encore. Il est vautré sur son siège. Je lui fais remarquer le tout, il s’en fout, j’ai 53 ans.

Il m’aborde, il me parle, il me sourit, je regarde mes pieds, je souris aussi, j’ai 15 ans.



Je tapote sur les coussins du canapé pour les regonfler, je plie mes serviettes en trois, je repasse mes torchons, je trouve de la satisfaction à nettoyer les vitres, j’ai 65 ans.

Je tourne le dernier feuillet de ma communication, je conclus, je suis un peu essoufflé, je dis "je vous remercie" en me penchant un peu en avant vers le micro, j’ai entre 25 et 45 ans.

Je déboutonne sa chemise, je le regarde, je mets mes mains sur sa poitrine, je ne dis pas un mot, j’ai 30 ans.

Je marche dans les rues de Paris, je vais rejoindre des copains, je bois un verre avec eux, puis deux, puis trois, on va manger des pâtes chez A., on hésite pour la suite, on sort, je danse, quand on rentre à pied, le soleil se lève derrière l’hôtel de ville, j’ai 20 ans.


Pour une chanson, il suffit de cliquer

07/11/2005

07/11/05 - 23:02

Fille perdue

"On l'a vue dans la calèche de Rett Butler. Il a fait avec elle tout le tour d'Atlanta. Après, sa réputation était perdue."



Bon, c'est fini, la prochaine fois, je me tiens un peu. Pour m'en souvenir, une petite chanson. (il suffit de cliquer)

05/11/2005

05/11/05 - 12:23

Tunick (exhibition)

Suite et fin de ma période exhibitionniste (pas du tout voyons, c'est de l'art). Depuis hier, les 6 tirages officiels de Spencer Tunick sont exposés dans le cadre de la Biennale de Lyon. On y retrouve la lumière un peu ombrée qu'utilise souvent Tunick, les belles couleurs des corps et, sur deux d'entre elles, je reconnais mon visage.















03/11/2005

03/11/05 - 12:13

Pleurer des rivières / Don't cry

C'est l'automne, j'ai d'abord pensé qu'elle était enrhumée. Elle reniflait sans arrêt, pas très discrètement. Elle m'agaçait, avec son nez rouge, son kleenex sous le nez, son pull d'un vert étrange, là, à la bibliothèque. En fait, elle pleurait. Régulièrement, sur cette chaise derrière son i-book, sans vraiment dissimuler les larmes qui coulaient sans discontinuer sur ses joues.



Elle continue de taper sur son clavier, elle repousse d'un geste lent une mèche qui retombe régulièrement devant ses yeux, elle essuie ses larmes avec le dos de ses mains.

Don't cry (il suffit de cliquer sur les larmes de Man Ray)