So 80'

La meilleure adaptation cinématographique de l’œuvre de Bret Easton Ellis n’est pas une adaptation. Ni Neige sur Beverly Hills (étrange titre français pour le film de Marek Kanievska en 1988 avec -prémonitoire- Robert Downey Jr d’après Less than zero), ni Les lois de l’attraction de Roger Avary, qui permet surtout à une génération de jeunes acteurs de montrer qu’ils peuvent eux aussi être vaguement sulfureux (tout en restant bien coiffé, Jamie Van Der Beek en tête) et qui offre encore à Faye Dunaway un de ses rôle de bourgeoise défaite qu’elle affectionne désormais (cf. The Yard), ni surtout American Psycho (malgré un casting excitant) qui ne parvient pas à montrer l’essentiel du roman, à savoir que Patrick Bateman est un tueur parfois déguisé en yuppie et non l’inverse.
Non, l’atmosphère désespérément vide de la grande bourgeoisie américaine, saturée d’argent et de drogue, vitrifiée par l’ennui et le vide de son existence, on la retrouve exactement dépeinte dans American Gigolo.
Dès 1980, Paul Schrader montre tout cela. Sur fond de Giorgio Moroder, Julian Kaye/ Richard Gere fait des abdos suspendus par les pieds puis il roule vers Palm Spring dans sa décapotable rouge pour baiser des couples de riches californiens revenus de tout. Les murs des villas sont vitrés et les intérieurs sont glaciaux, Lauren Hutton (casting génial : modèle et héritière, cover girl inexpressive et symbole américain, elle joue une française riche et perdue) veut croire en l’amour, Debbie Harry chante « Call me ! » et le désert semble froid sous la lune.
5 ans avant la première édition de Less than zero, ce film dévoile les gouffres de la société américaine. Il résume déjà les années 80. Elles n’ont pas commencé.
27/04/05 - 08:24
ça me donne terriblement envie de le revoir ! je me souviens de Richard Gere au début dire à un client "je ne fais pas les hommes", j'en avais été atrocement déçu..
the-graduate