J'écoute : Little Boots / Eva Cassidy / Ladyhawke
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Allan Hollinghurst
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 22 décembre 2008 à 11:58)

27/04/2005

27/04/05 - 23:34

Pour Patricia (3)

C'est le milieu de l'été et la fin du siècle. Un samedi d'août 1999 ma copine Sophie se marie. Ma "copine", vraiment. Presque "ma vieille copine", avec fous rires et tapes sur l'épaule. Elle a réussi à réunir dans ce hameau des Alpes de Haute-Provence des parisiens effrayés de traverser le périphérique (et encore un peu vaseux suite à leur vaccination contre la fièvre jaune, on ne sait jamais), des bretons angoissés par le paysage d'herbe sèche et le bruit des cigales, deux canadiens membres d'un groupe de rock alternatif, chargés de massacrer une suite de Bach au violoncelle lors de la cérémonie dans l'église (ce qu'il feront avec une grande conscience professionnelle), une partie de sa famille (l'autre ne parlant plus à la partie présente), sa soeur à l'humour corrosif (Daria en plus adulte ou Miranda Hobbes en moins rousse) et une poignée d'anciens amis du collège et du Lycée, dont moi.
En 6e, à l'âge où l'on renierait sa famille pour s'intégrer à un groupe, elle me montre que l'on peut se moquer parfois du regard des autres (j'ai mis du temps à la croire). En 4e, elle me convainc de lire Calvino. L'année suivante, elle sort avec le frère de sa correspondante allemande, géant blond d'au moins 18 ans et, encore plus fort, le largue avant même la fin de notre séjour linguistique en Bavière (à cet âge, boire des Bier-cola dans des biergarten me semble le comble de l'indépendance). Je suis muet d'admiration. En terminale, tous les lundi matins, pendant l'heure d'anglais, elle me raconte comment elle fait le mur le samedi soir pour retrouver son amoureux et passer la nuit avec lui. Puis elle part continuer ses études dans une autre ville. Elle écrit peu, on s'appelle rarement. Un jour elle m'annonce qu'elle a rencontré le bon garçon, celui avec qui c'est pour de vrai. Elle me présente Thomas : brun, sérieux, brillant, pas très drôle.
Le jour du mariage il fait très chaud. Au maire, dans la minuscule salle des actes, Sophie répond "Bien sûr !", je suis son témoin. Plus tard dans la soirée, nous buvons un peu trop sous les guirlandes lumineuses de bal de 14 juillet accrochées dans les platanes. Je suis chargé de mettre la musique pour que l'on commence à danser (le village est trop loin, même les pires DJ ambulants n'ont pas voulu se déplacer). J'ai déjà prévu quelques titres incontournables : Brother Louis, en hommage à nos boums, Losing my religion pour le voyage à Rome en 1991, Papa don't preach pour sa période adolescente.
Et Patricia Carli.

commentaires

28/04/05 - 10:55

je n'ai encore jamais été témoin à un mariage, ni DJ de mariage, ce qui serait le couronnement de ma carrière !

28/04/05 - 11:51

L'attrait de ces fonctions est discutable :
- comme témoin, vous devez porter une cravate sous peine de vous faire harceler par toute la famille de la mariée qui refuse de considérer qu'au dessus de 35° on peut avoir envie d'ouvrir le col de sa chemise et même d'enlever sa veste ("mais enfin, vous n'y songez pas, de quoi aurez-vous l'air sur les photos ?").
- comme DJ (en l'occurence, je n'ai rempli cette fonction que la première heure), c'est l'enfer de la pression sociale. Mais avec un peu de courage et deux ou trois verres, il existe un vrai plaisir à enchaîner les Pointer Sisters avec un vieux Blue Monday tout en menaçant de passer les Calamités (mais si, les Vélomoteurs...) et en toisant la salle.

28/04/05 - 11:57

Aaaah Les Calamités... "je vais je vais au supermarché", "oh mon dieu c'est difficile d'être à ce point malhabile", "toutes les nuits"

28/04/05 - 12:25

"et me voilà toute ébou-ouriffée"
et la parodie par les Nuls...

28/04/05 - 12:27

je reprends en me connectant (je maîtrise encore mal)
je connais mal leurs autres titres : un album existerait donc ?
Je me souviens surtout de leur jupes vichy et de leurs énormes guitares (et de leur incroyable allure godiche : finalement, ces filles sont peut-être un modèle à suivre)

28/04/05 - 14:37

Elles ont sorti un premier album en 84, elles étaient trois + un batteur. Puis un EP en 85/86. Bon petit groupe de rock garage féminin, connu aussi pour leur reprises genre Who. A redécouvrir !

17/07/05 - 13:31

il y a des gens doués pour le bonheur... je crois que ça a un rapport avec l'humour, le recul sur soi-même...

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