La vie, des fois... (te fatigue pas)
Un soir dernier, autour d'un verre et d'un buffet improbable (cake aux olives, chorizo, martini et gateau chocolat-cacahuètes), une vingtaines de personnes. J'en connais une petite moitié : des copains de fraîche date, un ex-amant, des amis d'amis, une ancienne collègue. Nous fêtons là l'ouverture au public de l'atelier d'un copain peintre.

Assez vite, je m'affale dans le canapé défoncé qui décore un des coins de l'immense pièce, à la fois de lieu de travail et d'espace d'exposition, et je m'assoupis un peu. Je me réveille en sursaut, secoué par l'installation un peu lourde, à mes côtés, d'un grand gaillard au crâne lisse, en chemise noire, un verre à la main. Il commence la conversation en me demandant ce que je pense des toiles présentées. Je ne peux pas m'empêcher de sourire, mais, bien élevé, je commente mollement (exercice toujours un peu ridicule, entre le concours de références - "oui, oui, Villeglé bien sûr un peu" et l'expression bêtasse d'une opinion fade - "moi j'aime assez" étant alors le stade ultime de l'analyse-).
Il enchaîne ensuite tous les maillons d'une conversation attendue, dont le but évident est de réussir à déterminer mon degré de disponibilité tout en se montrant lui-même intéressant et intéressé ("et sinon tu es venu seul ?" / "en fait, je t'avais déjà remarqué tout à l'heure" etc...). Je suis fatigué et il me plaît avec son regard clair dans des orbites profondes et ses longues mains. Alors me vient l'envie de lui dire, comme dans Mélodie en sous sol, récemment revu, la réplique de Delon à une fille de bar (Dora Doll ?) qui essaye de se faire payer un verre dans un palace en se faisant passer pour une comtesse russe : "Te fatigues pas Totoche, on est du même monde..."
12/07/05 - 22:04
et vous lui avez dit ?
damien08