Si les symptômes persistent
Comme une lumière violente regardée un peu trop longtemps et dont la forme colorée persiste encore sous les paupières fermées, l'image de ce garçon me poursuit après plusieurs jours.
Je me retourne dans la rue sur les tous les blonds qui passent, je vérifie bien que ce n'est pas lui, là, dans le bus, avec le même t-shirt orange, qu'il n'est pas dans la salle de lecture de la bibliothèque, ni à la cafétéria de la fac, qu'il ne s'attarde pas aux terrasses des cafés malgré ce soleil inhabituel. Je voudrais juste que le hasard le dépose une nouvelle fois devant moi, comme un de ces morceaux de bois après les grandes marées, un bois flotté, lisse et doux. Je ne veux pas le traquer, je ne veux pas le rechercher, je veux le retrouver et lui dire, d'un air détaché (mais comment ?) que nous n'avons peut-être pas, en une seule courte nuit et un long matin, épuisé complétement le plaisir de cette rencontre.
A. se moque doucement et imite, assez bien, Arletty : "Mais enfin ! Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour !" Je souris (mais pas plus). Je sais que je retrouve mes peurs profondes et que je confonds, encore, séparé et abandonné, désir et envie, terminé et perdu.
Comme dans la chanson (cliquer sur l'image), ce matin bleu ne quitte pas mon esprit...
08/09/05 - 05:52
S’avancer le souffle ému, le pas mesurant toute l’humilité de son épaisseur de verre à l’heure de ne redevenir qu’un homme, se pencher au rebord d’un autre regard et apercevoir les reflets azurés du garçon demeuré au fond de soi.
dop