Les choses
J’achète parfois, irrégulièrement, des paquets de brosses à dent à l’usage des garçons qui passent la nuit chez moi. Je prends des modèles différents du mien pour ne pas les confondre, souples, normales, par lot de trois ou quatre. Je reprends cette habitude à R., le premier avec qui j’ai dormi toute la nuit juste après l’avoir rencontré (cette attention traduit d’ailleurs parfaitement les rapports qu’il entretient avec ses amants de passage : un peu de douceur, une grande attention au bien être de l’autre et la mise à distance de l’affectif par une gestion strictement matérielle des relations intimes : ton café est sur la table / si tu veux qu’on se revoit tu m’envoie un texto à ce n° là / claque bien la porte en partant / tu peux prendre une des brosses à dent, là)
Sous le blister orange, avec leurs couleurs un peu criardes et leur disponibilité facile de produit de grande consommation, elles sont l’illustration la plus crue d’une partie de mon existence.

PS. : je ne me suis pas encore résolu à jeter celle qu’
il a utilisée (non sans m’avoir d’abord demandé en riant s’il devait y voir un message).
09/09/05 - 19:03
Vestigia ?
Très joli geste. Je partage cela avec vous, de piquer quelques petits rites à des amis gays. C'est mélancolique, mais c'est émouvant.
furt