Des journées entières dans les arbres
Quand je ne suis pas là ou là (lieux d’exception), je suis ici (lieu de la règle).
Et je me demande alors souvent, combien de fois, depuis combien de temps je passe des journées entières dans ces bibliothèques, ces salles de lectures, sur ces tables en bois, en métal, en mélamine, couvertes de cuir éraflé, sur ces chaises plus ou moins confortables, assis à ces postes de consultation informatisés, devant ces lecteurs de microfilms, sous ces néons, à la lumière de ces opalines vertes pâle ? Des journées à lire, à essayer de comprendre, à réfléchir comme je peux, autant que je peux. Des journées à l’abri, un peu à l’écart, comme en immersion.
Et me reliant à l’extérieur, mon téléphone portable, dont la diode bleutée palpite entre les feuilles et les pages ouvertes. J’attends qu’il vibre et qu’il me dise s’il y a vraiment une vie qui m’attend à l’extérieur.