27/02/2006Moi aussi je suis Isabelle Huppert
Ca a du commencer avec un Chabrol sans doute. Une affaire de femme, ou plus tard, La Cérémonie, je ne sais plus. Ca s’accentue à chaque fois. Merci pour le chocolat, 8 femmes, St Cyr ou La Vie promise. Lorsque je vois un film avec Isabelle Huppert, je promène dans les jours qui suivent une mimique que je pense être identique à la sienne, cette façon un peu agaçante de remonter la lèvre supérieure, comme une moue de dénégation ou de doute.
Un doute ironique et lointain, qui dévoile l’absurdité de toute situation et interdit de se prendre trop au sérieux. L’ivresse du pouvoir hier soir, et j’ai repris depuis cette petite grimace qui me rend parfaitement ridicule tout en me donnant l’illusion d’être, l’espace d’un instant, une actrice énigmatique, qui connaît les mystère insondables et qui n’en dira rien. Moi aussi je peux être une adolescente rebelle, une parricide et une professeur de piano au bord de la folie, la maîtresse dévote du roi, une faiseuse d’ange, une pute, Médée elle-même ou Sarah Kane et depuis peu une juge d’instruction déterminée et minutieuse. Et rester toujours opaque au regard des autres. Il me suffit pour cela de froncer un peu les lèvres.
14/02/2006Bloody valentine
Ca fait un petit moment que le Balafré veut en finir avec le gang rival des Irlandais. Ils sont les seuls à lui résister encore à Chicago, et ils tiennent toute la partie nord de la ville. Sans compter que leur chef, Moran le détraqué, a déjà tenté de le faire tuer. Mais bon, pas question que le Balafré trempe directement dans l’affaire. C’est son lieutenant, Jack la sulfateuse, qui s’en charge. Avec sa bande de tueurs semi-débiles, les frères Keywell, Fred le tueur et Joe la Pétoire, il contacte les Irlandais et organise une réunion pour s’entendre sur la distribution clandestine de l’alcool frelaté. Et guère plus malins, les Irlandais sont là au rendez-vous, 2212 Clarck street, dans un garage désaffecté, le 14 février 1929. Une partie de la bande de la Sulfateuse, déguisée en policiers, font croire à une descente surprise. Ils désarment les Irlandais, puis les abattent tous, contre le mur de l’entrepôt. Le résultat est une vraie boucherie. A 2h du matin, Jack peut appeler son patron, le Balafré qui s’est mis à l’écart en Floride, et l’informer qu’ils les ont tous eu, même Bugs Moran. En fait il se trompe, c’est Albert le Gorille qui baigne dans son sang. L’Irlandais détraqué n’était pas sur les lieux de la tuerie. Mais tant pis, Al Capone le balafré est content, le massacre de la saint Valentin fait de lui le roi de la pègre à Chicago.
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