Dans le fond des forêts votre image me suit
Il y a celui qui a disparu brutalement, du jour au lendemain, évanoui, enlevé, enfui, jamais revu.
Il y a celui que j’espérai retrouver sans vraiment y croire et que je recroise des mois après, le bras autour des épaules d’une fille très blonde et dans le regard l’inquiétude de me voir faire davantage qu’un léger signe de tête et un demi-sourire.
Il y a celui qui revient après un temps un peu trop long pour que cela soit encore un bon souvenir, comme dans la chanson, « They look you up when they're in town / To see if they can still burn you down / He fell in love, you see / With someone that I used to be ».
Et depuis peu, configuration inattendue, il y a ce garçon que je pensais d’un soir et que je ne cesse de recroiser aux détour des rues et sur les terrasses des cafés enfin ouvertes. Chaque rencontre inattendue devient le prétexte à des messages, sans autre objet que de remarquer ensembles ces coïncidences. Aucun rendez-vous, surtout pas, juste le hasard. Je lève les yeux de mon journal et il est assis en face de moi mais il n’a pas le temps de prendre un café. Je passe sous ses fenêtres mais j’attendrai le soir pour le lui dire. Je reçois le programme de cette journée de juin, il interviendra le matin, je découvre ainsi qu’il n’a pas qu’un prénom. Et derrière la vitre de la bibliothèque, il passe en esquissant un léger signe de la main.
il suffit de cliquer
Dans la ville rétrécie aux dimensions d’un jardin d’enfants, nous jouons à cache-cache sans trop y croire, avec sur les lèvres un léger sourire désabusé.