J'écoute : Little Boots / Eva Cassidy / Ladyhawke
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Allan Hollinghurst
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 22 décembre 2008 à 11:58)

08/01/2006

08/01/06 - 22:36

Est-ce que tu même ?

J’ouvre un œil en premier. Je ne suis pas chez moi. Je sors du lit sans le réveiller. Les replis des draps laissent juste entrevoir les épis de ses cheveux courts et un morceau, taché de rousseur, de la peau de son dos. Dans la salle de bain, je bois un peu au robinet et j’achève d’émerger en me passant de l’eau froide sur le visage. Je m’assois sur le rebord glacial de la baignoire et je regarde autour de moi. Il n’est plus si tôt ; par le velux, la lumière grise éclaire un univers étrangement familier.



Peu à peu je réalise que cette salle de bain pourrait être la mienne. Le même gel douche, le même shampooing, le même savon. Les mêmes serviettes Muji sur la même étagère Ikéa (ou l’inverse). La même brosse à dent (en vert pour lui, en rouge pour moi) dans un mug ramené ici de Londres (du Maroc chez moi). Le parfum diffère, pas le dentifrice, ni la marque de la tondeuse avec laquelle il entretient la même barbe courte que moi. Et dans le même panier à linge en toile écru, le même pêle-mêle de t-shirts noirs et de jeans en denim foncé. Habitus, déterminisme socio-culturel, contraintes et marché local, soit, mais encore ? Le sourire que ce constat fait naître se teinte d’une légère inquiétude. Retrouver ailleurs un autre chez moi ne me rassure pas, et je ressens avec surprise se raviver le sentiment confus d’une solitude brumeuse (il suffit de cliquer sur la photo).
Je me relève, je sors de la salle de bain et je me recouche assez brusquement en plaquant ma poitrine contre son dos. "mmm… ?" "réchauffe moi, il fait froid".

commentaires

09/01/06 - 02:06

"Il fait froid".
Leitmotiv de l'hiver,
qui ne locomotive rien.

Bisou.

10/01/06 - 13:08

L'avantage d'être marié, c'est que l'autre peut nous servir de bouillote.

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