Moi aussi je suis Isabelle Huppert
Ca a du commencer avec un Chabrol sans doute. Une affaire de femme, ou plus tard, La Cérémonie, je ne sais plus. Ca s’accentue à chaque fois. Merci pour le chocolat, 8 femmes, St Cyr ou La Vie promise. Lorsque je vois un film avec Isabelle Huppert, je promène dans les jours qui suivent une mimique que je pense être identique à la sienne, cette façon un peu agaçante de remonter la lèvre supérieure, comme une moue de dénégation ou de doute.
Un doute ironique et lointain, qui dévoile l’absurdité de toute situation et interdit de se prendre trop au sérieux.
L’ivresse du pouvoir hier soir, et j’ai repris depuis cette petite grimace qui me rend parfaitement ridicule tout en me donnant l’illusion d’être, l’espace d’un instant, une actrice énigmatique, qui connaît les mystère insondables et qui n’en dira rien. Moi aussi je peux être une adolescente rebelle, une parricide et une professeur de piano au bord de la folie, la maîtresse dévote du roi, une faiseuse d’ange, une pute, Médée elle-même ou Sarah Kane et depuis peu une juge d’instruction déterminée et minutieuse. Et rester toujours opaque au regard des autres. Il me suffit pour cela de froncer un peu les lèvres.
27/02/06 - 21:32
Et ce regard "Dentellière" où l'on voit les nuages...
the-graduate