J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

25/06/2006

25/06/06 - 18:34

Il faut que tout change pour que rien ne change (suite)


L'odeur du foin coupé finit par supplanter celle du bitume chaud mais tard dans la nuit, quand l'autoroute est désert / dans la barbe de J.-B. des poils blancs qui n’y étaient pas il y a un an. Son fils en période monomaniaque "métaphysique et mousquetaires" me déclare : - "toi aussi tu mourras un jour" et retourne poursuivre son frère avec une épée en plastique jaune / le chemin dans les pins, la courte étendue de lande, la dune couverte d’oyats puis l’océan, calme et vert foncé / ce sera des petites marées toute la semaine.

« Je ne pensais pas te rencontrer ici ! C’est pour ça que j’ai mis un peu de temps à te reconnaître ! Excuse-moi… Tu vas bien ? Moi ? Je suis en vacance chez des amis » – « Tu sais, moi, j’avais perdu ton numéro en même temps que mon portable. En fait, je pensais qu’on ne se reverrait jamais » / [plus tard] il sort ses mains des poches de son jean où il les avaient enfoncées pour se réchauffer un peu, il remonte la mèche de cheveux qui lui cache les yeux, et passe ses mains dans mon dos, sous mon t-shirt (après l’après-midi sur la plage, je n’ai pas froid), il penche un peu la tête sur le côté, il hésite puis il sourit, je l’embrasse. La lumière alternative du phare balaye en vert deux fois la pointe de Penchateau. Ce moment qui m’a paru durer infiniment n’a donc pris que quelques secondes. / [plus tard] j’insiste pour obtenir un petit morceau d’American Graffiti : la route de côte, les lumières de la baie au loin, le toit ouvert dans son invraisemblable Range-Rover. Après un rapide coup d’œil sur les titres de ses cassettes, j’abandonne en revanche l’espoir d’une bande son adéquate (pour le moins Johnny Tillotson, les Fleetwoods voire le Twilight time des Platters).


il suffit de cliquer


Par-dessus sa complète jambon de pays (mais quel pays ?)/ salicorne bio / fleur de sel de Guérande (menu en caricature bobo-Elle à table que laissait présager la décoration à base de bois flotté et les sets de table avec reproduction des phares de Hopper), R. semble répéter un argumentaire destiner à le convaincre plus que moi, que c’est le bon, là, cette histoire qui dure, malgré les difficultés et, pour ce que j’en comprends, la légère sociopathie de son nouveau copain. J’acquiesce, je lui dis que je suis content pour lui, je m’en fous un peu. R. aura été pour moi le garçon de plusieurs premières fois, celui de la première nuit, du premier numéro griffonné mal réveillé sur un morceau de papier, du premier « tu prends quoi le matin ? » etc. Mais il a vendu son minuscule appartement près de la mer, il défend avec de moins en moins de fermeté sa conviction d’être par « nature » solitaire, il parle un peu moins souvent de repartir loin, il va avoir quarante ans. Et le Petit Navire a fermé avec sa terrasse où des palmiers chétifs couverts de guirlandes lumineuses accueillaient nos soirées après la plage. Alors on passe à autre chose.

commentaires

25/06/06 - 18:54

alors heureux??

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