J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

06/10/2006

06/10/06 - 20:57

Le plombier, Kennedy, et moi

« Allo, Entreprise Gaumichon plomberie-chauffage, bonjour ! » « Bonjour Madame, c’est Monsieur 1constant, je vous rappelle [une troisième fois] pour savoir quand votre mari pourrait passer réparer mon chauffe-eau. Non, il ne fonctionne pas non plus en marche forcée. Oui, voilà, c’est ça, je n’ai plus d’eau chaude depuis trois jours »
En prononçant cette phrase à 8h 30 du matin, mal réveillé (comment émerger sans douche chaude ?), dans la lumière blafarde d’un jeudi d’octobre, j’ai le sentiment confus que le glamour a définitivement déserté mon existence. La suite de la conversation le confirme : « Ben, pas avant mardi, mon pauvre monsieur, là, il pose des panneaux solaires toute la journée ». Je tente d’argumenter (des panneaux solaires en octobre sous un climat océanique, même à nuance continentale dégradée, à mon avis, ça peut attendre, les économies effectuées ne seront pas considérables). Océanique ta mère me répond la plombière (glaciale, évidemment), j’obtiens un vague promesse d’un « passage pour voir » demain « dans la matinée », ce qui veut dire que je vais attendre toute la journée chez moi que M. Gaumichon viennent confirmer, le clope au bec, que « le thermostat doit être foutu » et donc qu’il faut « commander la pièce, ça prendra au moins une semaine ».


il suffit de cliquer



Et en fait, cette insignifiante péripétie ménagère fait finalement passer dans mon quotidienle souffle inattendu de l’aventure . Me voilà contraint de m’organiser pour trouver le moyen de prendre une douche par jour. Muni de mon répertoire téléphonique, j’organise un roulement complexe en fonction des disponibilités des salles de bains des copains, des amies ou des exs. Je passe ainsi me doucher à des heures improbables dans des salles de bains différentes disséminées autour de chez moi, profitant d’un créneau compatible à la sortie du travail ou pendant une pause déjeuner. Je sonne, je rentre, je me déshabille, je me lave, je me sèche, je me rhabille : j’ai l’impression d’être un escort, la compétence professionnelle en moins. « 2 minutes, douche comprise : c’est Kennedy ! », me lance M., amusée. Je découvre de nouveaux parfums de gel-douche (donc quand ils disent « saveurs gourmandes », il faut comprendre odeurs exotique écœurante et sucrée, OK), je compare les accessoires (le jet massant de chez P. peut faire peeling intégral, je le note), je me pèse sur des balances réglées à – 2 kg et je sais désormais qui utilise des crèmes réparatrices nuit contre les rides et les ridules, mais je ne dirais rien.




commentaires

07/10/06 - 01:20

Si ! Dites tout ! Balancez !

08/10/06 - 12:05

:o) N’auriez-vous pas dans votre sommeil, inconsciemment subtilisé le fusible dudit chauffe-eau afin de vous retrouver délibérément et pour d’obscures raisons, dans cette situation de nomadisme thermal...

10/10/06 - 14:32

Vous y chantez aussi sous la douche?

10/10/06 - 18:41

oui, des choses inavouables...

15/10/06 - 01:10

justement ...vous ne cherchiez pas quelque chose au rayon variétoche spanish?

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