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J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

27/08/2007

27/08/07 - 23:34

Madame


Je reprends au vol une suggestion de Sa Majesté.



une couronne, une chanson, le bonheur

Hört ihr Leute taramptatatam / Kommt alle hier geschwind taram / Zum neuen Königstin / Bringt ihm das Beste all / Lauf auch du zum Stall / Kleiner Trommelmann / Lieber König / In kalter Wintersnacht / Hab euch nicht mitgebracht / Nicht Gold und Edelstein / Nur mein Lied allein / Hört mich doch an...

25/08/2007

25/08/07 - 18:55

Chacun son tour





Sept. Dans ma numérologie intime où se mêlent indistinctement les dates d’anniversaires des gens que j’aime, les indicatifs des départements où j’ai vécu et quelques nombres magiques, le chiffre sept n’évoque rien.

Cette. D’après mes relecteurs, j’abuse de l’emploi du pronom démonstratif en début de phrase. Ils suggèrent plutôt « Une telle… ». C’est un débat encore en suspend. Mais se relire est, au sens plein du terme, une véritable épreuve.

Septembre (quel joli temps). J’ai toujours aimé ce mois que je rattache inexplicablement aux vacances. La rentrée, c’est pour après.

Seth. Je n’ai pas traversé la phase apparemment inévitable de fascination pour l’Égypte antique que connaissent les enfants. J’étais dans l’autre camp, du côté des centaures et des nymphes, occupé à m’accrocher aux ventres des moutons pour échapper à Polyphème. Mais cet été, je suis resté muet devant elle.

Set. La pratique assidue du badminton, aussi profitable et ludique soit-elle ne m’a pas réconcilié avec le sport et ses contraintes. Alors je nage, cela me va mieux.

Sète. Je ne m’attendais pas à ça. Une ville coincée entre la mer et une colline verdoyante, colorée et sale, vivante, imprévue. La brume de chaleur m’a dissuadé de chercher le chemin du cimetière marin. Le texte de Valéry me poursuit depuis des années. Je le sais presque en entier.

Sept fois cinq. Cet âge qui me semble canonique m’attend au coin de l’année.

23/08/2007

23/08/07 - 20:13

Cet air-là (De la reprise ou Le ukulélé postmoderne)


Une mauvaise reprise, on voit bien ce que c’est. La version de Creep par Korn (je croyais jusqu’alors que c’était juste une marque de t-shirt moches pour adolescents assortis) est un bon exemple. C’est plat, sans intérêt et moins bien que l’original, la seule innovation résidant dans les gémissements geignards du chanteur.
Mais ceci dit, une reprise, c’est souvent comme ça : pas beaucoup mieux, juste un peu différent. Et pourtant, je traque inlassablement les versions nouvelles de mes chansons préférées. Je ne suis pas le seul, c’est même devenu un sport très prisé, permettant à ceux qui le pratiquent de déployer une érudition décalée bien dans l’air du temps.
Une petite rengaine récemment re-revisitée permet d’illustrer assez clairement cette idée fumeuse à laquelle je tiens : la reprise, c’est un truc du moment. Bon, d’accord, c’est aussi une pratique vieille comme la chanson, mais le goût de l’époque pour les versions décalées, amusantes, inattendue, bref « improbable » (autre mot très 2007, un peu comme "décomplexé") en infléchit le sens.
Faire une reprise, c’est désormais surtout une bonne façon de faire le malin. Exemple :

En 1969, France Gall, encore fraîche et déjà dotée de cette insupportable voix de crécelle qui rend inexplicable la longévité de sa carrière, enregistre une ritournelle écrite par papa. C’est une pure rengaine yé-yé : une jeune fille évoque ses histoires sentimentales pendant que des chœurs nasillards font ah-ha-ha sur fond de mellotron.



En 1996, la francophile et futée April March reprend le titre. Elle vire les chœurs, impose une guitare folkeuse à la Françoise Hardy, nasille à peine moins que Gall mais avec un petit accent so charming. On lui pardonne.



En 2007, l’ectoplasme Julien Doré, tellement tout (décalé, dandy, poseur, talentueux ?) que c’en est trop, fait plaisir aux spectateurs de canal Plus et fredonne à son tour la mélodie accompagné de son inévitable ukulélé. Oui, parce qu’en 2007, l’instrument qu’il faut gratouiller c’est le ukulélé. La fin des années 90 nous avait imposé la vielle d’intermittent du spectacle façon Louise Attaque puis la guitare qui fait chtoïng de Manu Chao (je prie pour que l’évocation de leur nom ne les ramène pas à la vie). Mais maintenant, le truc lancé, c’est le ukulélé. Les preuves sont multiples (, ou ) et révélatrices.



Sous cette forme, la reprise c’est finalement le postmodernisme appliqué au top 50 : ironie et décalage, confusion des registres culturels, hommage détourné et clins d’œil appuyés. Mais du coup, l’image de Jean-François Lyotard jouant du ukulélé est assez plaisante.

En bonus, une reprise à rebours : Amy Winehouse (qui réussit à redonner un peu de crédibilité à la notion très mythologie rock de cure-de-désintox, malgré l’entreprise de vulgarisation menée par Britney et Lindsay-but where the fuck is this bimbo ?-Lohan) et Mark Ronson (fils de) transforme en faux classique de blue-eyed soul sortie des 60’une rengaine pop-rock toute récente des méconnus Zutons. Le résultat m’a fait danser tout l’été, sifflotant sur la plage, twistant sur la terrasse et hululant à tout bout de champ des « va-al’éri-ie » plutôt pénibles pour mon entourage. Mais l’été, c’est fait pour ça.




Pour les chansons, il suffit de cliquer sur les images.






21/08/2007

21/08/07 - 22:19

Déjà disponible


Epargnez-vous la rentrée littéraire :



Disponible depuis déjà plusieurs jours, le véritable résumé du meilleur de la littérature française contemporaine :

Denis-Henri Lévy, Barbès Vertigo
Christine Anxiot, Pourquoi moi ?
Fred Wargas, Tais-toi si tu veux parler
Marc Levis, Et si c’était niais ?
Mélanie Notlong, Hygiène du tube (et tout le tremblement)
Pascal Servan, Ils ont touché à mes glaïeuls (Journal, tome XXII)
Bernard Werbeux, Des fourmis et des anges
Jean D’Ormissemon (de la Française Académie), C’était rudement bath’
Jean-Christophe Rangé, Les limbes pourpres du concile des loups
Frédéric Beisbéger, 64 %
Anna Galvauda, Quelqu’un m’attend, c’est tout

12/08/2007

12/08/07 - 17:15

Genau im Mittelpunkt der Welt (2)


lui : Alors, Madrid ou Berlin ?
1 : - comme tu veux
lui : - ne dis pas « comme tu veux »
1 : - alors Berlin !



Compartiment n° 15, intérieur jour :
lui : - grrrmmpff mmpfff
1 : - Wolfburg, on arrive bientôt !
lui : mrrrrpppff grmmm
1 : - on descend à Bahnhof Zoo , c’est plus simple, mais ce n’est pas la peine de relire Christiane F. on ne fait que passer, on va poser les bagages à Schöneberg. Et là, pour le coup, on peut faire Isherwood et Marlene
lui : - avec les bas résille et le chapeau claque dès 8 heures du matin ?




J’avais promis, Berlin a tenu : la chaleur de l’été, les yeux en l’air rivé aux cimes des immeubles modernes dont les lignes se heurtent au coin de chaque rue, les garçons nus sur les pelouses de Tiergarten, des kilomètres en vélo (« si tu me dis encore que ç’est plat, j’arrête un taxi »), les petits-déjeuners pour commencer l’après-midi, les bars ouverts jusqu’à l’épuisement des buveurs, la quiétude inattendue d’une capitale moderne, les soirées improbables*

* 1 : - putain, mais c’est où l’entrée du Kinzo ?
lui : - toi qui parle allemand [sourire] Demande au videur, là.
1 : - première information : inutile de sourire à un videur berlinois. Sinon, d’après ce que j’ai compris de ses grommèlements, c’est juste de l’autre côté de l’Alexander Platz.
lui : - oh, c’est bon alors, plus qu’un kilomètre à pied. En se dépêchant, on devrait y être avant que la brume ne recouvre entièrement la Fernsehturm.



Et dans la tranquillité d’une ville assoupie par l’été, je découvre qu’il est facile de vivre avec lui, à sentir chaque jour sa présence silencieuse ou moqueuse. De rares échanges moins légers que d’autres, le soir, fatigués par l’après-midi au soleil de Wannsee, me permettent de dessiner avec plus de précision les contours des secrets qu’il garde pour lui. Je les lui laisse sans poser de questions, en échange de son bras le matin glissé sous mon cou et du poids de son corps endormi contre moi.



Pour entendre Marlene, Trude Herr et Keith Caradine, il suffit de cliquer.

09/08/2007

09/08/07 - 20:20

Cake or Death


Derrière les bottes et la légende, un compositeur dont les chansons font sourire et pleurer. Et l’auteur de duos parfaits. Cela aurait pu être la leçon de chant infligée à Nancy par papa ou le Summer Wine de saison, mais je préfère encore sa façon de demander du feu.