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J'écoute : Margo Guryan / Jamie Lidell
Je regarde : l'écran de cet ordinateur
Je lis : Véronique Ovaldé / Jacques Roubaud / Yourcenar
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je bois : de l'eau
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour lundi 28 avril 2008 à 21:43)

03/06/2007

03/06/07 - 23:13

Juste comme ça (soleil, pédés et peaux-rouges)


A) Je ne peux pas échapper au marronnier du mois de mai qui nous inflige encore les mêmes débats sur la façon de traduire pride dans gay pride, fierté sans retenue ou dignité déambulatoire. A chaque fois, j’entends des voix :

- quand on me parle d’une hypothétique "image" que les pédés devraient "donner" au reste de la société (je n’ai jamais vu un hétérosexuel se préoccuper de l’image-qu’il-donne (concept en soi), la certitude assimilée d’être majoritaire autorisant tout, y compris les pénibles enterrements de vie de jeunes filles qui fleurissent en ce moment tous les samedis), j’entends Sylvie Joly m’expliquer qu’a l’étranger, elle représente un peu la France et que donc, elle ne peut pas se permettre d’être médiocre.



- quand je lis des textes qui m’expliquent combien les folles, les drag-queens et les travelos "font du tort" à "la communauté" (tous les mots devraient ici être en italique avec des notes en bas de page, je renonce. Le mieux, c'est d'écouter Jean-Louis Bory sur les rythmes de l'impeccable Rikita Piole), j’entends le général Sheridan me dire que "the only good Indian is a dead Indian" (c’est d’ailleurs étrange, il a la voix de ce vieux réactionnaire de John Wayne) et que donc, par analogie, un bon pédé est évidemment un hétéro (et encore, il n’est pas certain que du côté de Moscou, de Varsovie ou des Familles-de-France, le sort que l’on nous souhaite soit très différent de celui des Comanches ou des Sioux).

B) Marronnier pour marronnier, ceux du square Magenta sont tardivement en fleur, et les hampes blanches qui se découpent sur le ciel bleu signifient toujours pour moi le retour des beaux jours.

C) Puisque les beaux jours semblent revenir, je me devais de passer l’après-midi au soleil, allongé à ses côtés sur le sable grossier des bords de la Loire, son bras endormis en travers de mon dos. Une après-midi à ne rien faire qu’à passer de l’ombre à la chaleur, après avoir proclamé debout et tout nu, face au fleuve encore haut en ce début juin, l’ouverture officielle de la belle saison.

D) Ce soir, devant ma glace, il m’aura fallu un peu de temps pour comprendre que cette bande blanche qui sépare deux larges plaques rouges est la marque de son bras, imprimée en négatif sur la peau de mon dos.

commentaires

05/06/07 - 08:40

Attention, le grand D laisse imaginer que vous allez faire partie des Indiens du grand A 2ème paragraphe..

Merci pour Catherine. Absolument, absolument..

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