J'écoute : "All of my trains" Robert Francis / "Tronomette" Jeanne Balibar
Je regarde : cet écran / par la fenêtre / au loin
Je lis : Annie Ernaux / Charles Juliet
Je joue : "à qui perd gagne / tu joues au plus fortiche / et moi, et moi... moi je m'en fous je triche" etc...
Je cite : "Il n'y a que la seule irrésolution qui cause les regrets et les repentirs"
Je rêve : parfois

(mis à jour samedi 6 mars 2010 à 23:26)

22/02/2009

22/02/09 - 22:32

"...the fuzzy end of the lollipop"


Je me souvenais de presque tout : les mimiques de Jack Lemon en Daphné, le massacre de la saint Valentin, le tango d'Osmond Fielding (the third), les guêtres de Colombo et la géniale Joan Shawlee en Sweet Sue. Et sur grand écran, dans une salle hilare, c'est encore mieux (c'est le moment où je fais mon lauréat).


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Mais je ne me rappelais pas les trois minutes de tristesse lorsque Marilym chante "I'm through with love". Elle est assise sur le piano dans une de ces robes indécentes qui ne parviennent pas à cacher sa grossesse avancée. Tony Curtis la regarde murmurer qu'elle n'aimera plus jamais et que, désormais, elle dit "adieu to love". Puis elle baisse la tête et la poursuite lumineuse se referme sur ses cheveux trop blonds. La comédie revient presque aussitôt, dérangeante et amère : Curtis l'embrasse déguisé en femme et lui demande lui pardonner avant de s'enfuir à nouveau.



Le tournage du film est devenu légendaire. La Floride fut transportée en Californie pour permettre à Miss Monroe de n'être en retard que de 3 heures chaque jour à chaque scène. Certaines répliques aussi simples que "It's me, Sugar" ont nécessité des dizaines de prises et Judy Garland, recrutée en coach de luxe, essayait de convaincre Marilyn d'apprendre les paroles de ses chansons. Celle-ci s'en moque, après de nombreux échecs, elle est enfin enceinte et c'est tout ce qui compte. Tant pis s'il faut refaire près de trente fois la longue scène nocturne où Sugar Kane court comme elle peut, entravée par sa robe en lamée, enroulée dans une fourrure blanche et sautillant sur des talons pour rejoindre son faux milliardaire. Elle court éclairée par les projecteurs qui dessinent, en nuit américaine, les ombres des palmiers. elle court sur la pelouse de l'hôtel, sur la jetée. Elle recommence encore et encore et encore. La fin du tournage coïncidera avec une ultime fausse couche.

* en 1950, Rose Murphy ("the Chi-chi girl") enregistre "I wanna be loved by you" dans une version qui fera référence jusqu'aux pou-pou-pi-dou de 1959.

16/02/2009

16/02/09 - 22:27

"...For you to take for all the boys to see..."

Quelques jours d'inattention, le temps de surmonter ma défiance pour les salles de sports, de travailler un peu et de m'assoupir au soleil, face à la mer et je passe distraitement à côté de la mort de Blossom Dearie. A vrai dire, comme pour toutes ces chanteuses de Verve de la fin des années 50, je me suis surpris à la découvrir toujours en vie (ou plus exactement pas encore disparue). Je n'aime pas tellement son timbre de petite fille sage, qui se révèle pourtant si efficace dans les reprises en français. Et sa version de "Plous je t'emb'asse" qui traine dans la plupart des compilations avec "Café", "Paris", "Jazz" ou "Lounge" dans le titre vaut bien celle, indépassable, des Soeurs Etienne.


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Mais il faut reconnaitre, elle fait ça très bien, les standard de bars d'hôtel rafraichis par sa voix de demoiselle, son phrasé de pianiste et son air de ne pas y toucher. Alors pour commencer la semaine, à la place d'un "Give hime the Oh-La-La" plus be-bop ou d'un "The Surrey with the fringe on top" que je garde pour ma bande originale personnelle, ce sera un "Tea for two" faussement mièvre, plein d'un charme engourdi.